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Election présidentielle/Crise politique

Jovenel Moïse préoccupé par le départ de Privert et non par la confirmation de sa candidature

mardi 21 juin 2016 par Sterlin Charles

A jour J-1 de la fermeture de la période de confirmation des candidatures, seuls sept candidats à la présidence sur 54 ont confirmé leur participation à la reprise du scrutin fixé au 9 octobre prochain.

Pour Jovenel Moïse, le candidat du Parti Haïtien Tèt Kale (PHTK), la confirmation de sa candidature est le cadet de ses soucis. « Aujourd’hui, nous sommes concentrés sur le départ de l’ancien président qui est illégal au pouvoir… », a déclaré au Nouvelliste Rénald Lubérice, l’un des dirigeants du PHTK et de l’Entente démocratique.

« Personne aujourd’hui ne peut convoquer le peuple dans ses comices. M. Privert ne peut pas le faire puisqu’il est illégal… », a fulminé Rénald Lubérice du PHTK et de l’Entente démocratique. La préoccupation de Jovenel Moïse et du PHTK, a-t-il ajouté, c’est le départ de Jocelerme Privert à la tête du pays, non la confirmation de la candidature de Jovenel Moïse. « Privert est en situation d’usurpation de titre et de fonction », a-t-il dit, soulignant que le président provisoire sera frappé des sanctions prévues dans les articles 217 et 218 du Code pénal.

Le Parti Haïtien Tèt Kale attend de l’Assemblée nationale programmée pour ce mardi le remplacement pur et simple de Jocelerme Privert. « L’Assemblée nationale a pour devoir de respecter la Constitution. L’article 134.3 interdit le prolongement et le renouvellement du mandat de M. Privert. L’article 149.1 dit qu’il est réputé avoir accompli un mandat présidentiel, donc il ne peut pas se présenter à un suffrage même au second degré avant cinq ans », a évoqué M. Lubérice.

Au cas où l’Assemblée nationale ne renouvellerait pas le mandat de Jocelerme Privert, Rénald Lubérice croit savoir que rapidement le Parlement, le pouvoir judiciaire, l’exécutif (sans Privert) et les partis politiques vont se réunir pour décider de la suite du processus. « A ce moment, c’est une question ouverte, tout est possible », a-t-il dit.

Selon lui, le calendrier électoral publié par le CEP est une manœuvre du président Privert pour rester au pouvoir le plus longtemps possible. « Entrer dans la logique de confirmation ou pas de candidature, c’est faire le jeu de M. Privert. Rien ne justifie son maintien au pouvoir », a critiqué Lubérice.

Il a estimé que le président Privert a pris parti en faveur de l’organisation politique Fanmi Lavalas. « Exactement, ce qu’on avait reproché au président Martelly qui avait fait campagne pour Jovenel Moïse », a-t-il rappelé. « M. Privert devait être neutre. Mais au contraire c’est un président Lavalas qu’on a au pouvoir », a-t-il dénoncé.

Pour le moment, a ajouté M. Lubérice, PHTK et Jovenel Moïse attendent les résultats de l’Assemblée nationale de ce mardi pour donner une réponse appropriée. Au cas où l’Assemblée nationale ne se tiendrait pas, M. Lubérice a fait savoir que les élections ne seraient pas possibles dans l’état actuel des choses.

Interrogé par Le Nouvelliste sur un éventuel prolongement de la période de confirmation de la candidature des candidats à la présidence, le vice-président du CEP, Me Carlos Hercule, a indiqué que cette possibilité « n’est pas à l’ordre du jour » avant de préciser que cette question n’a pas été encore évoquée au Conseil. La date du 22 juin est donc maintenue pour la fermeture de la période de confirmation.

Maxo Joseph, de l’organisation politique Randevou, Maryse Narcisse, de Fanmi Lavalas, Daniel Dupiton, de CONAPPH, Jean-Hervé Charles, de PENH, Luckner Désir, de MPH, Roland Magloire, de PDI et Marie Antoinette Gautier, de PAC sont les sept candidats sur 54 qui, jusqu’à hier, ont confirmé leur participation à la reprise de la présidentielle.

Par ailleurs, dans une interview accordée à RFI sur les critiques et dénonciations du PHTK et alliés, Jocelerme Privert a répondu en ces termes : « Jocelerme Privert est l’une des personnalités qui disposent du profil pour occuper n’importe quelle fonction dans le pays. Ma motivation, ce n’est pas le pouvoir à tout prix. Ma motivation principale, c’est servir mon pays. Je fus directeur général aux impôts, secrétaire d’Etat aux Finances, ministre de l’Intérieur et sénateur de la République. J’ai complété près de 40 ans d’expérience dans la gestion des affaires de l’Etat. Donc, j’ai le profil, j’ai la capacité, j’ai la compétence, j’ai l’expérience. Et pourtant, je ne figurais pas parmi les 54 candidats à la présidence. Pourquoi je suis président aujourd’hui ? Parce qu’il y a certains hommes qui avaient des responsabilités qui ne les ont pas assumées. Je suis en train aujourd’hui de corriger leurs propres erreurs. Ils n’ont ni la moralité ni la crédibilité, ni l’intégrité nécessaires pour me donner des leçons. »

Robenson Geffrard

rgeffrard@lenouvelliste.com


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