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Après les attentats, Hollande veut "détruire" l’EI, l’enquête s’accélère

lundi 16 novembre 2015 par Sterlin Charles

Après le choc, la riposte : contre "le terrorisme de guerre" qui a ensanglanté Paris vendredi soir, François Hollande promet de "détruire" l’organisation jihadiste Etat islamique (EI) tandis que l’enquête s’accélère et la traque d’un suspect-clé s’intensifie.

Les enquêteurs ont aussi dans leur viseur un jihadiste belge notoire, Abdelhamid Abaaoud, dont ils n’excluent pas qu’il soit "l’inspirateur" des attentats qui ont fait 129 morts et 352 blessés près du Stade de France, dans la salle du Bataclan et dans plusieurs bars et restaurants de la capitale.

"Les actes de guerre de vendredi ont été décidés et planifiés en Syrie, préparés et organisés en Belgique, perpétrés sur notre sol avec des complicités françaises", a affirmé François Hollande.

Devant le Congrès réuni à Versailles, le chef de l’Etat a affiché sa détermination à "détruire" et non "pas contenir" l’EI qui a revendiqué la tuerie. Il veut aussi faire réviser la Constitution afin de pouvoir prendre des mesures exceptionnelles, sans recourir à l’état d’urgence.

Il a par ailleurs annoncé de nouvelles mesures antiterroristes et des effectifs supplémentaires dans les forces de l’ordre et la justice, envisageant la création d’une "garde nationale" formée de réservistes.

Sur le front extérieur, Paris a déjà riposté dimanche en bombardant massivement le fief de l’EI à Raqa, dans le nord de la Syrie.

La France va "intensifier" ces opérations et poursuivre "ces frappes au cours des semaines à venir", a martelé le président, acclamé par les sénateurs et députés qui ont ensuite entonné la Marseillaise.

- Salah Abdeslam traqué -

Lundi, l’enquête s’est accélérée, notamment du côté des ramifications belges. Deux suspects ont été inculpés à Bruxelles pour "attentat terroriste" mais une vaste opération policière dans le quartier populaire bruxellois de Molenbeek n’a pas permis d’appréhender un suspect-clé des attaques, Salah Abdeslam, toujours traqué.

Ce dernier, 26 ans, a loué une Polo noire immatriculée en Belgique retrouvée garée devant le Bataclan, où 89 personnes ont péri.

Selon les enquêteurs, il a côtoyé Abdelhamid Abaaoud, jihadiste belge de 28 ans. Ce dernier est soupçonné d’être le commanditaire des attentats projetés par la cellule de Verviers, dans l’est de la Belgique, et recherché depuis le démantèlement du groupe jihadiste en janvier.

Les enquêteurs français ont par ailleurs identifié deux kamikazes supplémentaires.

Samy Amimour, 28 ans, originaire de Drancydans la banlieue parisienne, est l’un des assaillants du Bataclan. Mis en examen en octobre 2012 pour avoir voulu aller au Yémen, il était parti en Syrie en septembre 2013 en violation de son contrôle judiciaire.

Le deuxième est un kamikaze du Stade de France à côté duquel un passeport syrien au nom d’Ahmad Al Mohammad, 25 ans, a été retrouvé. L’authenticité de ce passeport "reste à vérifier" mais ses empreintes concordent avec "celles relevées lors d’un contrôle en Grèce en octobre", selon la justice française.

Ils s’ajoutent aux trois jihadistes morts vendredi déjà identifiés : Omar Ismaïl Mostefaï, 29 ans, Bilal Hadfi, 20 ans, et Brahim Abdeslam, 31 ans.

La Turquie a assuré avoir alerté la France au sujet de Mostefaï, kamikaze du Bataclan, sans recevoir de réponse.

Bilal Hadfi, qui s’est fait sauter au Stade de France, et Brahim Abdeslam, qui s’est fait exploser boulevard Voltaire, étaient des Français résidant en Belgique. Ce dernier avait loué une Seat noire, également immatriculée en Belgique et retrouvée en banlieue parisienne avec à son bord trois kalachnikovs et des chargeurs.

Un autre frère Abdeslam, Mohamed, a été placé en garde à vue en Belgique puis relâché lundi.

Deux autres kamikazes ne sont pas encore identifiés.

Outre Amimour, parti il y a deux ans en Syrie d’où son père avait vainement tenté de le ramener, Mostefaï, fiché pour radicalisation depuis 2010, y a très vraisemblablement séjourné entre 2013 et 2014. Hadfi y est aussi allé, selon une source proche de l’enquête.

- ’L’ennemi n’est pas hors d’atteinte’ -

Parallèlement à l’enquête, 168 perquisitions administratives ont été menées dans la nuit de dimanche à lundi dans les milieux islamistes, 104 assignations à résidence prononcées, 23 interpellations réalisées et 31 armes saisies, dans le cadre de l’état d’urgence décrété vendredi soir.

Encore sonnée, la France pansait ses plaies lundi, observant à midi une minute de silence en hommage aux victimes, souvent jeunes et de 19 nationalités, dont les visages souriants étaient relayés par les médias et les réseaux sociaux.

Place de la République, à Paris, des centaines de personnes se sont tues, se tenant la main, le visage tourné vers la statue centrale, sur laquelle un drap a été tendu : "Même pas peur". Durant trois soirées, la Tour Eiffel brillera en bleu-blanc-rouge.

Les Français ont aussi retrouvé le chemin de l’école ou du travail.

"Mon fils ne voulait pas aller à l’école", a raconté lundi matin Ikrame à Montreuil (Seine-Saint-Denis). "Il a peur, on était au Stade de France vendredi soir. On s’est cachés dans les toilettes quand on nous a dit qu’il y avait eu des tirs."

Les musées, salles de spectacle et autres établissements culturels, fermés ce weekend, ont rouvert, avec une sécurité renforcée.

La France va "vivre longtemps" avec la menace terroriste et doit se préparer à de "nouvelles répliques", a prévenu le Premier ministre Manuel Valls.

Y a-t-il eu des failles des services ? Dix mois après les attentats de janvier, l’"union nationale" est ébranlée. L’ex-président Nicolas Sarkozy, patron du parti Les Républicains, a réclamé "des modifications drastiques de notre politique de sécurité" ainsi qu’une "nouvelle politique" européenne de l’immigration.

Marine Le Pen a demandé "l’arrêt immédiat de tout accueil de migrants en France" et "de leur dispersion" en France.


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