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Conflit entre Privert et Paul Evans

mercredi 9 mars 2016 par Sterlin Charles

Paul n’est plus Premier ministre, il n’expédie pas les affaires courantes, selon Jean-Max Bellerive

Depuis la nomination du nouveau Premier ministre, les relations entre Evans Paul et Jocelerme Privert sont de moins en moins bonnes. Les déclarations « composer ou décomposer » de M. Paul ont été perçues par le palais national comme une menace. Sa décision de ne pas participer à l’investiture de Fritz Jean est considérée comme un adieu définitif à la Primature. Pour le directeur de cabinet du chef de l’Etat, Jean-Max Bellerive, si les ministres démissionnaires continuent de liquider les affaires courantes, Evans Paul, lui, n’est plus Premier ministre depuis l’arrêté présidentiel nommant Fritz Jean Premier ministre.

C’est le Premier ministre Fritz Jean qui avait passé des instructions à la police interdisant l’accès à toute personne à la résidence officielle du Premier ministre, a fait savoir à Le Nouvelliste le directeur de cabinet du chef de l’Etat, Jean-Max Bellerive. C’est pourquoi, lundi soir, des agents du Corps d’intervention et de maintien d’ordre (CIMO) ont empêché, dans un premier temps, au Premier ministre Evans Paul d’avoir accès à la résidence.

Face à la volonté de M. Paul d’entrer dans la résidence et pour éviter des affrontements entre des forces de l’ordre, M. Bellerive a fait savoir que l’ordre a été donné aux policiers de le laisser passer. Cependant, on l’a informé que l’instruction avait été donnée par le Premier ministre Fritz Jean de ne laisser entrer personne, sauf les enquêteurs de la Cour des comptes.

Une fois nommé, Fritz Jean avait demandé à la Cour des comptes de faire un inventaire avant de pouvoir prendre possession des lieux et un audit sur la résidence officielle des Premiers ministres, a fait savoir M. Bellerive. « Dans ce genre d’opération, on ne peut pas permettre de va-et-vient dans la maison et pour nous il était évident que le Premier ministre Paul ne se rendait plus au bureau et n’allait pas à la résidence. Les policiers avaient des instructions pour ne laisser entrer personne, à part les enquêteurs de la Cour des comptes », a-t-il expliqué au journal.

Jean-Max Bellerive a souligné à l’encre forte que l’appel lancé aux ministres pour continuer à expédier les affaires courantes ne concernait pas Evans Paul. « Il y a un Premier ministre qui a été nommé et investi. Si cela concernait le Premier ministre Evans Paul, ce ne serait pas le secrétaire général de la Primature qui aurait publié la note à l’intention des ministres », a précisé l’ancien Premier ministre Bellerive.

Selon lui, il y a beaucoup de confusions dans l’air actuellement. « Après les déclarations un peu fracassantes du Premier ministre Paul autour de sa décision de ne pas participer à l’investiture du nouveau Premier ministre, il était pratiquement clair qu’on était dans une situation de démission bien que jusqu’à président on n’ait jamais reçu de lettre de démission du Premier ministre. Dans le cadre de ce gouvernement qui n’était pas ratifié par le Parlement, un arrêté remplace un autre. Donc, dès qu’il y a eu un arrêté qui nommait le Premier ministre Fritz Jean, automatiquement, il a remplacé celui nommant Evans Paul puisque ce dernier n’a pas la double légitimité… », a avancé Jean-Max Bellerive.

En attendant l’installation des nouveaux ministres du gouvernement de consensus, les ministres de Evans Paul continuent de liquider les affaires courantes, mais pas sous l’autorité de M. Paul, a laissé comprendre le chef de cabinet du président de la République.

Contrairement à ceux qui pensent qu’il y aurait un conflit ouvert entre Evans Paul et Jocelerme Privert, Jean-Max Bellerive croit de préférence qu’il y a beaucoup de malentendus sur les procédures de transition qui sont très floues au niveau de la Constitution et dans la pratique des lois. « Les amendements de la Constitution ont un peu changé les procédures », a-t-il dit. « Dans le passé, on attendait la vérification des pièces pour nommer un Premier ministre, officiellement on parlait d’un Premier ministre désigné », a-t-il dit.

« En ce qui nous concerne, il n’y a pas de Premier ministre désigné. Il y a un Premier ministre nommé par arrêté présidentiel comme le permet la Constitution. L’accord signé le 6 février demande d’attendre le vote de la déclaration de politique générale avant l’installation, mais normalement, le Premier ministre Fritz Jean pouvait être installé immédiatement », a fait valoir M. Bellerive.

Pour montrer qu’il n’y a pas de conflit entre Paul et Privert, Bellerive a fait savoir que les deux hommes se sont rencontrés à plusieurs reprises et leur dernière rencontre remonte au week-end écoulé à laquelle avait pris part Fritz-Alphonse Jean. « Au niveau des médias il y a un conflit imaginaire », a-t-il dit tout en reconnaissant qu’il y a des frustrations, des malentendus et des compréhensions différentes sur la façon dont devrait se faire la transition.


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