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Crise de l’acier : la Chine, au banc des accusés, se défend à Bruxelles

lundi 18 avril 2016 par Sterlin Charles

La Chine s’est fermement défendue lundi à Bruxelles, face à des responsables européens et américain lui reprochant sa responsabilité dans la crise de l’acier, à l’origine de fermetures d’usines et de suppressions d’emplois.

Des ministres et de hauts représentants des pays producteurs étaient réunis dans la capitale européenne pour débattre de la situation difficile du secteur sidérurgique, lors d’une discussion que le pays hôte, la Belgique, a qualifiée de "franche".

"La Chine ne subventionne pas son industrie d’exportation d’acier. Tout ce que nous faisons est conforme aux règles de l’Organisation mondiale du Commerce", a fait valoir Pékin, qui n’a dépêché qu’un ministre adjoint du Commerce, Zhang Ji, pour ce forum organisé sous l’égide de l’Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE).

"La crise financière a provoqué un ralentissement dans l’économie mondiale. C’est la raison fondamentale des surcapacités dans l’acier", a argué M. Zhang.

Mais d’autres pays participants ont contesté son analyse, parmi lesquels les Etats-Unis, dont le représentant a rappelé les conséquences humaines de la crise de l’acier.

- ’Réelles souffrances’-

Une usine de Tata Steel à Scunthorpe, en Angleterre, le 17 octobre 2015 © LINDSEY PARNABY AFP/Archives
iUne usine de Tata Steel à Scunthorpe, en Angleterre, le 17 octobre 2015 © LINDSEY PARNABY AFP/Archives

"Il ne s’agit pas d’un exercice académique. Il s’agit de réelles souffrances, de véritables personnes, de véritables travailleurs, d’économies réelles", a déclaré Robert Holleyman, représentant adjoint du Commerce américain. Il a notamment souligné que la production chinoise dépassait encore largement sa demande domestique.

La Chine, numéro un mondial de l’acier, en produit près de la moitié à elle toute seule. Et elle est accusée par ses concurrents d’inonder les marchés avec ses produits à prix cassés.

Pour le ministre français de l’Economie, Emmanuel Macron, il faut "convaincre" Pékin que "l’Union européenne n’est pas la variable d’ajustement du commerce mondial", a-t-il plaidé depuis Bruges (nord-ouest de la Belgique), où il se trouvait avant de rejoindre le symposium de l’OCDE à Bruxelles.

"Vous ne respectez pas les règles du commerce mondial, il y a des productions d’acier qui sont subventionnées, des surcapacités sont aujourd’hui déversées en dessous parfois du simple prix des matières premières pour certains laminés et détruisent nos capacités productives, c’est inacceptable", a-t-il lancé.

La Commissaire européenne au Commerce, Cecilia Malmström, a elle aussi tiré la sonnette d’alarme, mettant en exergue l’état d’urgence dans lequel se trouve la sidérurgie : "C’est maintenant une question de vie ou de mort pour de nombreuses compagnies".

"La situation de l’acier chinois a de sérieux impacts sur les gens et les communautés ici en Europe et ailleurs", a dit la commissaire, alors que les producteurs européens pressent l’UE, second producteur mondial, de prendre des mesures de rétorsions tarifaires contre la Chine, à l’image des Etats-Unis.

- ’Pas simple’-

Une semaine après la confirmation par le géant indien de la sidérurgie Tata Steel de son désengagement de la Grande-Bretagne avec la mise en vente de sa filiale locale, le secrétaire d’Etat aux Entreprises britannique, Sajid Javid, était également présent.

"La surproduction, c’est évidemment le premier problème qu’il faut régler. Je ne pense pas que quelqu’un s’attende à ce qu’on le résolve en une nuit", a expliqué M. Javid, dans un entretien avec la presse britannique à Bruxelles.

Il s’est félicité de la discussion dans la capitale européenne entre tous les pays et notamment de la participation de la Chine "ardemment réclamée" par la Grande-Bretagne.

Mais l’OCDE a indiqué à l’issue de la réunion que les pays participants n’étaient pas parvenus à un communiqué commun, en raison notamment des divergences avec Pékin.

"Je suis sûre que les pays auraient voulu des avancées concrètes, mais la solution n’est pas simple", a reconnu la secrétaire générale adjointe de l’OCDE, Mari Kiviniemi.

18/04/2016 22:03:18 - Bruxelles (AFP) - © 2016 AFP


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