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"Des mares de sang" devant le siège de Charlie Hebdo

mercredi 7 janvier 2015 par Sterlin Charles

Fusillades nourries, policier exécuté à bout portant, des "mares de sang" devant le siège de l’hebdomadaire Charlie Hebdo : les témoins racontent "la folie en plein coeur de Paris".

Dans ce quartier de l’Est parisien bouclé par les forces de l’ordre, les ambulances, et camions de pompiers ou de policiers ont rapidement envahi les rues.

Plusieurs personnes en état de choc sont prises en charge par les pompiers, une autre, apparemment inconsciente, est évacuée torse nu sur un brancard.

Un journaliste qui travaille dans des locaux situés en face de Charlie Hebdo décrit "des corps qui sont à terre, des mares de sang, des blessés très graves". "Les gens de Charlie Hebdo sont venus s’asseoir dans nos locaux pour être un peu au calme", relate-t-il sur iTELE.

Un peu plus tôt, vers 11H30, deux hommes armés de kalachnikov ont pénétré dans les locaux de Charlie Hebdo, qui occupe avec d’autres sociétés un immeuble de la rue Nicolas-Appert, une petite rue du XIe arrondissement.

"J’étais dans le bâtiment au bout du couloir. Des gens sont rentrés, ils cherchaient Charlie Hebdo puis ils ont tiré pour nous impressionner", raconte à l’AFP une factrice qui a pu s’enfuir.

Mais dans les bureaux de l’hebdomadaire, c’est le carnage.

Coups de feu, policiers qui accourent : Regina, qui patientait dans une salle d’attente d’un centre ophtalmologique à une centaine de mètres de là, raconte avoir "tout de suite pensé à un attentat" et s’être crue "dans un feuilleton".

"J’ai vu deux gars sortir du bâtiment, tirer, rentrer dans une C3 noire et partir en direction du boulevard Richard-Lenoir", raconte calmement un témoin qui vit à proximité et souhaite conserver l’anonymat.

- "On se croyait sur le tournage d’un film" -

Dans une vidéo filmée sur le boulevard, situé à quelques dizaines de mètres des locaux de Charlie Hebdo, les deux hommes armés de fusils automatiques sortent de leur véhicule, exécutent d’une balle dans la tête un policier à bout portant avant de prendre la fuite en voiture et de crier : "On a vengé le prophète Mohamed !"

"Ils étaient cagoulés, avec des armes kalachnikov ou M16", décrit le voisin, qui a jugé les assaillants "sérieux" au point de penser que "c’était des forces spéciales à la poursuite de trafiquants de drogue". "On se croyait sur le tournage d’un film".

"J’allais en cours, je suis sortie du métro et j’ai entendu des coups de feu... peut-être trois", raconte Lilya Mohdeb, une étudiante de 24 ans. "Des gens m’ont dit : "ça tire, baissez-vous !"", explique la jeune femme qui n’a "pas réfléchi" et est "rentrée tout de suite dans le métro". Sous le choc, elle a "mis une heure avant de revenir" dans la rue.

Bocar Diallo, lui, travaille alors dans un garage Volvo situé à proximité et confie avoir "vu des policiers en train de tirer, cela a duré au moins trois ou quatre minutes".

"On a voulu sortir mais on a entendu des rafales et des policiers nous ont dit de rentrer", explique-t-il après avoir accueilli dans son garage un policier "blessé par un éclat, venu se soigner".

Des dizaines de personnes passent à proximité du périmètre de sécurité, accrochées à leur téléphone portable. "C’est de la folie en plein coeur de Paris", lance l’une d’elles.


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