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EI : Obama dévoile sa stratégie pour "détruire le groupe terroriste"

mercredi 10 septembre 2014 par Sterlin Charles

Par ailleurs, John Kerry est arrivé mercredi à Bagdad pour une visite-surprise.

Avant de se rendre en Jordanie dans le cadre d’une tournée destinée à bâtir une coalition contre l’État islamique en Irak, le chef de la diplomatie américaine, John Kerry, a fait étape en Irak où il doit rencontrer le Premier ministre irakien Haïdar al-Abadi. Une visite qui a pour objectif le soutien au nouveau gouvernement dans son combat contre les djihadistes de l’EI qui contrôlent une partie du pays.

Cette vaste tournée au Moyen-Orient intervient dans le cadre d’un plan d’action que le président Obama doit détailler dans la soirée. À la veille du 13e anniversaire des attentats du 11 Septembre, Barack Obama présentera mercredi soir, heure locale, lors d’une allocution solennelle depuis la Maison-Blanche, la stratégie des États-Unis pour "affaiblir et, à terme, détruire le groupe terroriste".

"Je veux que les Américains comprennent la nature de la menace (...) et qu’ils soient confiants dans le fait que nous serons capables d’y faire face", a-t-il expliqué, promettant, un mois après le lancement de frappes ciblées en Irak, une nouvelle phase, plus offensive, tout en restant fidèle à son credo : pas de troupes américaines de combat au sol. Après Amman, le secrétaire d’État américain se rendra à Jeddah en Arabie saoudite, où il rencontrera les chefs de la diplomatie des pays du Golfe, d’Irak, de Jordanie, d’Égypte et de Turquie.

Cette réunion, prévue jeudi, est destinée à discuter de "la question du terrorisme dans la région, des organisations extrémistes et des moyens de les combattre", selon l’agence officielle saoudienne SPA. Vendredi, ce sera au tour du président français François Hollande de monter au créneau : il se rendra en Irak avant d’organiser lundi à Paris une conférence internationale sur "la paix et la sécurité" dans ce pays.

Nouveau gouvernement irakien

Des pays arabes de premier plan ont d’ores et déjà affirmé leur volonté de soutenir le projet américain de coalition. L’Égypte, pays clé dans la région, a affirmé mardi soutenir "politiquement" les États-Unis. Tout en avertissant qu’une participation à des mesures sécuritaires devait se faire "dans le cadre d’une résolution du Conseil de sécurité". Les pays de la Ligue arabe avaient déjà affirmé dimanche leur détermination commune à "affronter les groupes terroristes", dont l’EI, un groupe ultra-radical qui occupe de vastes territoires en Irak et en Syrie, où il a proclamé fin juin un "califat".

De nombreuses capitales, dont Washington et Téhéran, ont par ailleurs salué mardi la formation d’un nouveau gouvernement de rassemblement à Bagdad par le Premier ministre Haïdar Al-Abadi. Ce dernier a cependant réclamé une semaine supplémentaire pour attribuer deux portefeuilles essentiels pour mener la lutte contre l’EI, ceux de l’Intérieur et de la Défense. John Kerry a salué l’"étape majeure" que représente la nomination de ce nouveau gouvernement.

L’Iran, qui voit d’un très mauvais oeil la percée des extrémistes sunnites chez son voisin irakien, a également félicité Haïdar Al-Abadi. Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a insisté sur la nécessité que les postes ministériels encore vacants soient pourvus sans délai. Le gouvernement sortant avait en effet aussi entamé son mandat avec des portefeuilles non attribués et certains postes ont été occupés pendant quatre ans par des ministres intérimaires.

Frappes aériennes

Sur le terrain, les avions américains poursuivent la campagne de frappes entamée il y a un mois sur des positions de l’EI dans le nord de l’Irak, une aide cruciale pour les forces fédérales et kurdes qui avaient pu reprendre le plus important barrage du pays, près de Mossoul. Ils l’ont élargie ces derniers jours à la province à majorité sunnite d’Al-Anbar (ouest), contrôlée partiellement par l’EI.

Des chasseurs américains et des drones ont mené des frappes près du barrage de Haditha, dans cette province, a précisé le Centcom, le commandement militaire américain chargé du Moyen-Orient et de l’Asie centrale. Cet appui et les progrès modestes qui l’accompagnent permettent à l’armée fédérale de reprendre confiance après la déroute subie en juin face à l’offensive de l’EI.

Un émissaire de l’ONU en Syrie

En Syrie voisine, où la guerre fait rage depuis plus de trois ans, le nouvel émissaire de l’ONU, Staffan de Mistura, est arrivé à Damas pour sa première visite depuis sa nomination. Durant son séjour de trois jours, il doit évoquer avec les responsables syriens "les perspectives d’une solution", selon un journal syrien, alors que le conflit s’est compliqué cette année avec la montée en puissance de l’EI qui combat à la fois le régime et les rebelles. Dans le nord-ouest du pays, au moins 28 chefs du groupe rebelle Ahrar al-Cham, qui tenaient une réunion, ont été tués mardi dans un attentat, a rapporté une ONG syrienne qui n’était pas en mesure de dire dans l’immédiat qui était derrière l’attaque.

Au moment où des capitales occidentales s’inquiètent du départ, puis du retour, de certains de leurs ressortissants pour la Syrie ou l’Irak où ils s’enrôlent dans les rangs des djihadistes, les États-Unis ont soumis à leurs partenaires du Conseil de sécurité un projet de résolution imposant aux États de prendre des mesures législatives pour empêcher leurs citoyens de s’enrôler dans des organisations extrémistes comme l’EI.


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