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Privert, en Vérité n’est pas Lavalas

mercredi 2 mars 2016 par Sterlin Charles

Entre son installation le 14 février, en présence de l’épouse de Jean-Bertrand Aristide, et l’investiture du Premier ministre Fritz-Alphonse Jean deux semaines après, l’ancrage de la présidence de Jocelerme Privert se précise. Privert, homme de réseau, doté d’un important carnet d’adresses, est en fait plus Verite que Lavalas, a appris Le Nouvelliste. La présence d’ex-ministres du régime du président René Préval comme Joanas Gué, Daniel Dorsainvil ou d’Eriq Pierre… au palais lors des cérémonies officielles de l’ère Privert a mis la puce à l’oreille. Plus que des retrouvailles entre amis, camarades politiques, cerveaux au service de l’administration Préval, certains de ces hommes, grands manitous de la plateforme politique Verite, participent à définir les contours de la présidence de l’homme de Petit-Trou-des-Nippes. Pour dissiper tout doute, alors que Fanmi Lavalas s’époumone sans convaincre jusqu’ici qu’il n’est pas au pouvoir mais a aidé à accoucher de ce pouvoir, l’ex-Premier ministre Jean-Max Bellerive, un temps pressenti comme candidat à la présidence de Verite, fait son come-back au palais national. « Oui, ce matin, le président Privert, à qui j’ai conseillé peu après son installation, au niveau des relations internationales, m’a demandé de coordonner les activités de son cabinet privé avec le titre de directeur. Après discussions sur les implications de cette tâche, j’ai accepté », a confié au journal ce lundi 29 février l’ex-Premier ministre Jean-Max Bellerive. Dans une note écrite transmise au journal, Bellerive a poursuivi : « Jocelerme Privert était un membre actif et important de la plate-forme Verite. Il était donc normal, au-delà de la position de ce groupe politique, que des personnalités qui en font partie aient participé à cette cérémonie ». Pour Jean-Max Bellerive, la présence de mammouths de Verite, dont Joanas Gué, Gennard Joseph au palais, était normale. « À voir la composition présente du cabinet, de toute évidence, il y a des membres ou sympathisants de cette plate-forme mais également des figures qui appartiennent à d’autres partis politiques et surtout des citoyens et citoyennes connus pour leur compétence dans des domaines précis de la chose publique », a révélé Jean-Max Bellerive, qui revient aux affaires sans « sentiment particulier » mais avec « la volonté de pouvoir aider à ce que la difficile et complexe transition actuelle aboutisse à une issue heureuse pour le peuple haïtien qui, tous secteurs confondus, entend retourner à un ordre constitutionnel légitime ». D’autres sources au palais national confirment que Raymond Jeanty est revenu prêter ses services au palais national qu’il connait bien pour avoir été un des bras droits de René Préval. Raynomd Jeanty occupe le poste stratégique d’administrateur du palais. L’ex-journaliste et analyste politique, Daly Valet, ex-chef de campagne de Moïse Jean-Charles, candidat à la présidence de Pitit Dessalines, fait partie des conseillers du président Jocelerme Privert. L’ex-conseiller politique est en charge du dossier dialogue national. Daly Valet, contacté par le journal, a confirmé l’information. « Je ne suis pas membre de la plateforme Pitit Dessalines. J’ai été directeur du cabinet de campagne du candidat à la présidence Moïse Jean-Charles », a par ailleurs précisé Daly Valet. « Je suis retourné à mes activités personnelles », a-t-il poursuivi, soulignant qu’on ne peut pas être membre de Pitit Dessalines à proprement parler qui est une plateforme constituée de plusieurs partis et d’organisations populaires. L’ex-Premier ministre Jean-Marie Chérestal, l’agronome, ex-ministre de l’Agriculture, membre du directoire de Verite, Joanas Gué, l’ingénieur Harry Adam, ex-directeur de l’UCLBP, l’ex-sénateur Kelly C. Bastien (actuel candidat au Sénat de Vérité), l’ex-député Jean David Génesté font aussi partie des conseillers du président provisoire Jocelerme Privert. Anthony Barbier et Rony Gilot, deux anciens cadres du Parlement, sont toujours dans les postes importants de secrétaire général du palais national. Comnme pour Jean-Max Bellerive, on ignore s’ils auront tous le rang de ministre dans le prochain gouvernement. Pour le moment, c’est plus facile à dire qu’à faire. Il existe, a appris le journal, une vraie méfiance vis-à-vis du président Jocelerme Privert. Pas seulement au Parlement où, ce lundi, plus de quarante heures après l’installation du nouveau Premier ministre Fritz-Alphonse Jean, des parlementaires juraient sur leurs grands dieux de ne pas ratifier sa politique générale afin de punir le président Jocelerme Privert qui n’a pas respecté un engagement tacite de choisir Edgard Leblanc Fils comme successeur de Évans Paul. Off the record, un ponte du parti Fanmi Lavalas estime que Jocelerme Privert, les manouvriers et les grands financiers de Verite se fourvoient s’ils croient mettre la main sur le pouvoir avec la velléité de s’y installer. Le temps est compté pour ce pouvoir aux pieds d’argile non issu d’élections. Au carrefour incontournable de la vérification des élections, il est attendu. Tous les stratagèmes et les tactiques pour le maintenir au pouvoir ne feront pas long feu. Très vite, la communauté internationale, qui laisse faire et se laisse faire, reprendra la main pour aider à gérer une crise politique qui sera plus aiguë avec de possibles manifestations de violence de la part du peuple qui se sentira trompé, a analysé ce haut cadre de Fanmi Lavalas. La situation est d’autant plus complexe que le pays n’est pas au bout de ses surprises si l’on décide enfin à chercher les procès-verbaux et les bulletins, a-t-il confié, énigmatique à souhait.
Roberson Alphonse
robersonalphonse@lenouvelliste.com


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