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Irak : les opérations s’intensifient contre les jihadistes

lundi 1er septembre 2014 par Sterlin Charles

Soldats irakiens, forces kurdes et miliciens chiites, appuyés par des frappes américaines, ont intensifié lundi leurs opérations contre les jihadistes de l’Etat islamique (EI) en Irak, où les violences ont tué au moins 1.420 personnes en août selon l’ONU.

A Genève, le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU débat d’une résolution, soutenue par l’Irak et les cinq membres du Conseil de sécurité, demandant d’urgence une enquête sur les atrocités commises par les jihadistes de l’EI dans ce pays.

"L’EI n’est pas un phénomène irakien mais une présence transnationale qui présente un danger imminent pour tous les pays du monde", a déclaré le ministre irakien des droits de l’Homme, Mohammed Chia al-Soudani, lors d’une réunion extraordinaire du Conseil.

Réputés pour leurs exactions -exécutions, viols- et accusés de "nettoyage ethnique" et de crimes contre l’Humanité par l’ONU, ces extrémistes sunnites sont aussi engagés dans la guerre en Syrie voisine et ont proclamé fin juin un califat sur les régions conquises à cheval entre l’Irak et la Syrie.

Au nord de Bagdad, les combattants kurdes et les miliciens chiites, forts de leur succès dans la ville turcomane d’Amerli où ils ont brisé avec l’armée un siège jihadiste de plus de deux mois, ont réussi à reprendre la localité de Souleimane Bek, à une quinzaine de km plus au nord.

"En quelques heures nous avons réussi à sécuriser complètement la ville", a déclaré à l’AFP Hadi al-Ameri, le commandant de la milice chiite Badr à Souleimane Bek, située à 175 km au nord de Bagdad et aux mains de l’EI depuis onze semaines.

Les combattants ont célébré ce succès en tirant en l’air et en criant des slogans hostiles à l’EI, selon un correspondant de l’AFP sur place.

A quelques kilomètres de là, les forces kurdes et chiites ont encerclé le village de Yankaja, qu’ils tentent de prendre aux jihadistes en le soumettant à un pilonnage intense.

Avec ces deux succès, les forces irakiennes aidées des miliciens et des peshmergas, cherchent à reprendre du terrain après leur déroute au début de l’offensive lancée le 9 juin par les jihadistes qui ont réussi à s’emparer en quelques jours de larges pans de territoire au nord, à l’est et à l’ouest de Bagdad.

- 1.420 morts en août -

L’armée américaine a appuyé l’offensive terrestre par de nouvelles frappes aériennes dimanche à proximité d’Amerli, dont les habitants manquaient d’eau, de nourriture et de médicaments et où l’ONU avait dit craindre un "massacre" par l’EI.

Alors qu’aucun bilan précis des pertes humaines depuis le début de l’offensive jihadiste n’est disponible, l’ONU a annoncé lundi qu’au moins 1.420 personnes avaient été tuées et 1.370 blessées dans les violences en août.

Au cours de ce mois, les jihadistes ont renouvelé leurs assauts dans le nord de l’Irak, s’emparant de plusieurs localités et poussant les combattants kurdes à se retrancher dans leur région autonome du Kurdistan.

Devant la progression de l’EI, des centaines de milliers de personnes ont été chassées de chez elles. Selon l’ONU, 1,6 million d’Irakiens ont été déplacés cette année par les violences, dont 850.000 durant le seul mois d’août, parmi lesquelles un grand nombre de membres des minorités chrétienne, Yazidis et turcomane.

Cette crise humanitaire a poussé les Occidentaux à intervenir, en faisant livrer de l’assistance humanitaire mais aussi en armant les combattants kurdes. Seuls les Etats-Unis interviennent militairement, avec des frappes aériennes.

Commencé le 8 août, ce soutien américain, premier engagement militaire des Etats-Unis en Irak depuis le retrait de leurs troupes fin 2011, a déjà joué un rôle crucial dans la prise à l’EI le 17 août du barrage de Mossoul (nord), le plus important du pays.

- Bombes à sous-munitions en Syrie -

Face à la montée en puissance des jihadistes, les Etats-Unis pourraient préciser leur stratégie concernant ce groupe dès "la semaine prochaine", a indiqué l’élu américain Dutch Ruppersberger, après que le président Barack Obama a reconnu jeudi ne "pas encore avoir de stratégie".

Le chef de la diplomatie John Kerry, attendu dans la région après un sommet de l’Otan les 4 et 5 septembre, a souligné que M. Obama proposerait un plan d’action à l’ONU en septembre.

Dans ce contexte, l’Allemagne a annoncé qu’elle ferait une première livraison d’armes aux Kurdes. La chambre basse du Parlement allemand, le Bundestag, consacrera lundi une session extraordinaire à ce sujet.

En Syrie, où le conflit a fait plus de 191.000 morts depuis mars 2011, l’EI a été accusé d’utiliser des bombes à sous-munitions dans le nord, une arme interdite, par Human Rights Watch.

Et au Golan (sud), 44 Casques bleus fidjiens sont retenus depuis jeudi par le Front Al-Nosra, la branche syrienne d’Al-Qaïda, alors que des combats intenses se déroulaient entre armée et rebelles, notamment à proximité de la frontière israélienne.


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