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L’Otan se porte au secours de l’Ukraine

jeudi 4 septembre 2014 par Sterlin Charles

EN IMAGES - Le secrétaire général de l’Alliance a appelé la Russie à « mettre fin à sa présence illégale » dans le Donbass.

Présent aux côtés des vingt-huit dirigeants de l’Otan réunis jusqu’à vendredi en sommet à Newport, au pays de Galles, le président ukrainien, Petro Porochenko, a reçu jeudi l’appui qu’il était venu chercher. Le secrétaire général de l’Alliance, Anders Fogh Rassmussen, avec la liberté de ton de celui qui s’apprête à passer la main, a dénoncé jeudi « la brutale agression de la Russie contre l’Ukraine » et appelé « les séparatistes à cesser leurs actions ». L’Otan qui parlait jusqu’à présent de « plus d’un millier » de soldats russes en Ukraine a revu ses estimations à la hausse. Il s’agirait désormais de « plusieurs milliers d’hommes et de centaines de chars ou de véhicules blindés sur le territoire ukrainien », selon un officier de l’Otan à Newport.

Kiev bénéficiera d’un « paquet » d’aides 15 millions d’euros grâce à des fonds spéciaux pour moderniser son armée et accroître ses capacités militaires dans les domaines de la cyberdéfense, de la logistique, du commandement et des communications.

Des exercices militaires dans l’est de l’Ukraine

Autre signal de soutien, une douzaine de pays, dont les États-Unis, participeront ce mois de septembre à des exercices militaires, à Lviv, dans l’ouest de l’Ukraine. Cela permettra d’améliorer l’interopérabilité des forces ukrainiennes avec celles de l’Otan, a insisté M. Rassmussen. Celui-ci a toutefois confirmé que l’Alliance ne livrerait pas d’armes létales à l’Ukraine, une initiative qui relève de « décisions nationales ».

Pendent deux jours, un terrain de golf vallonné et verdoyant, site du sommet, est l’épicentre d’un « grand jeu » sur le sort de l’Ukraine et donc sur l’avenir menacé des équilibres en Europe de l’Est. Pour rassurer ses membres dans la région, les Pays baltes et les Polonais notamment, l’Alliance annoncera vendredi un plan d’action destiné à accroître la rapidité de son déploiement militaire, en cas de besoin. Ces pays étaient demandeurs de troupes et de bases permanentes sur leur sol.

Certes soucieux d’afficher la « fermeté » et l’ « unité » de l’Otan, nombre de pays -dont la France- cherchent surtout à éviter l’exacerbation des tensions et poussent à un règlement politique. « Personne ne veut la guerre pour régler le conflit », a résumé M. Rassmussen. Le plan de paix russe annoncé mercredi a été accueilli avec scepticisme à Newport, ne serait-ce que parce qu’il a été opportunément mis sur la table par Vladimir Poutine à la veille du sommet. Avec prudence, ses participants ont néanmoins saisi cette perche.

« Nous devons tout faire pour qu’il y ait cessez-le-feu, mais un véritable cessez-le-feu (…) Il ne peut y avoir de solution militaire »

François Hollande

« Nous devons tout faire pour qu’il y ait un cessez-le-feu, mais un véritable cessez-le-feu (…) Il ne peut y avoir de solution militaire », a déclaré François Hollande, à l’issue d’un entretien avec son homologue ukrainien. Le président de la République a lui-même proposé, si un cessez-le-feu est signé vendredi à Minsk, en Biélorussie, de se réunir avec Vladimir Poutine et Angela Merkel, comme ce fut le cas le 6 juin dernier, en Normandie.

« Tout va dépendre de ces prochaines heures », a relevé François Hollande, en rappelant que de nouvelles sanctions européennes contre la Russie seraient annoncées vendredi. Les Américains ont évoqué jeudi le renforcement des leurs.

Tandis que s’ouvrait le sommet, le chef de la diplomatie russe a donné de la voix pour souffler le chaud et le froid. La Russie, a dit Sergueï Lavrov, est « prête à prendre des mesures concrètes pour aller vers une désescalade ». Mais le ministre russe a mis en garde contre toute initiative de l’Ukraine pour intégrer l’Otan - un point ultra-sensible pour Moscou. Vendredi dernier, le premier ministre ukrainien, Arseni Iatseniouk, avait déclaré que Kiev allait relancer sa procédure d’adhésion à l’Alliance atlantique. A Newport, Petro Porochenko, lui, s’est montré beaucoup plus flou sur cette perspective. Angela Merkel, résumant une position largement majoritaire, l’a considérée comme « n’étant pas d’actualité ».


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