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Élections/Crises politiques

La commission de vérification électorale commence à se matérialiser

mercredi 13 avril 2016 par Sterlin Charles

À l’issue d’une rencontre mardi au palais national entre le chef de l’État et une vingtaine de partis politiques et d’organisations de la société civile, un comité de huit membres a été créé pour travailler sur les termes de référence de la commission de vérification électorale. -

Gérald Germain (représentant de Jude Célestin), Verite, Pitit Desalin, Fanmi Lavalas, MAS, Pont, Platfòm Jistis, Lide, G-30, Pademh, Inite, Mosano, Reparen, Canaan, RNDDH, ISC, CONHANE, COJHIT sont entre autres partis politiques et organisations de la société civile qui ont discuté pendant des heures avec le président Jocelerme Privert sur la formation de la commission de vérification. Cette structure, une fois formée, disposera d’environ un mois pour faire son travail et soumettre son rapport, selon des participants à la rencontre.

C’est une bonne démarche de la part du président Privert d’avoir invité des responsables de partis politiques et de la société civile sur la commission de vérification, s’est félicité Gérald Germain, soulignant qu’il a représenté le candidat à la présidence Jude Célestin ( NDLR : membre du G-8) à la rencontre et non le G-8 qui avait préalablement écrit au président Privert pour l’informer qu’il ne participera pas à la rencontre.

« C’est le candidat à la présidence de MAS qui est là dans un acte de souveraineté, a souligné d’entrée de jeu Éric Jean-Baptiste. Nous avons déjà donné une gifle à la communauté internationale quand elle a voulu organiser des élections ‘’yon sèl grenn soulye’’. Maintenant, on lui donne une deuxième gifle en formant la commission de vérification électorale qui va exclure tous les coquins », a déclaré le candidat, membre du G-8, mais qui ne représentait pas le G-8 hier mardi au palais national.

Pour la candidate à la présidence de Fanmi Lavalas, Maryse Narcisse, la commission de vérification est indispensable pour redonner la confiance au processus électoral et à l’avenir de la démocratie.

Dans un communiqué publié après la rencontre, le palais national a souligné que « comme prévu dans l’accord politique du 5 février 2016, le chef de l’État a pris toutes les dispositions nécessaires en vue de faciliter la relance du processus électoral dans le pays, notamment la formation d’un gouvernement de consensus et la reconstitution du Conseil électoral provisoire (CEP). La nouvelle institution électorale ayant fait état d’un certain blocage politique qui empêche la reprise des activités électorales, le chef de l’État a jugé nécessaire de s’asseoir avec les différents acteurs politiques en vue d’un véritable consensus partagé autour de la formation d’une commission de vérification électorale ».

« Plusieurs propositions autour de la mission et des activités obligatoires de la commission, de la durée de son mandat, de sa constitution ainsi que de la responsabilité des acteurs politiques ont donc été faites par les différents partis », lit-on dans le communiqué.

Quelle est la mission de la commission de vérification électorale ?

« Les partis ont une fois de plus renouvelé la nécessité de la mise en place de cette commission de vérification électorale qui devra entre autres : 1) consulter le CEP, les partis politiques ayant désigné un candidat à la présidence, les secteurs et acteurs concernés au premier chef par les élections de 2015 ; 2) examiner, sur la base des recommandations de la Commission d’évaluation électorale indépendante (CEEI), les différents paramètres des opérations électorales ; 3) évaluer les différentes décisions prises par les juges ayant siégé au Bureau du contentieux électoral départemental (BCED) et au Bureau du contentieux électoral national (BCEN) ; 4) recommander aux responsables du pouvoir exécutif et au CEP toutes les mesures susceptibles de garantir l’authenticité des résultats des élections de 2015 en permettant de rétablir la confiance des acteurs dans le processus électoral à poursuivre », a détaillé le communiqué du palais national.

La rencontre entre le chef de l’État et les représentants de partis politiques et de la société civile a permis la création d’un comité de sept membres composé de Yvon Feuillé (Fanmi Lavalas), Paul Denis (Inite), Me Evelt Fanfan (Pitit Desalin), Nelson Flecourt (G30), de deux représentants de la société civile, Pierre Espérance (RNDDH) et Alain Alfred (COJHIT), et de deux représentants de la présidence, qui va travailler sur la mise en forme d’un document déjà élaboré présentant les termes de référence de la commission de vérification électorale, a souligné le palais national.

Le comité dispose d’environ 24 heures pour finaliser les termes de référence. Ce mercredi 13 avril, le chef de l’État rencontrera les membres du CEP sur la commission de vérification. Cette semaine encore, Jocelerme Privert présidera une autre rencontre au palais national à laquelle prendront part les responsables de partis politiques, des organisations de la société civile et les membres du Conseil électoral que dirige Léopold Berlanger. Selon les prévisions des acteurs, d’ici vendredi, la commission de vérification électorale devrait être constituée et commencer à travailler.

Le PHTK et la KID, respectivement le parti de l’ex-président Michel Martelly et celui de l’ancien Premier ministre Évans Paul, ont boudé la rencontre de mardi. Ils exigent la poursuite du processus électoral tout en rejetant l’idée de la formation d’une commission de vérification électorale.

AUTEUR

Robenson Geffrard

rgeffrard@lenouvelliste.com
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