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La CARICOM préoccupée par la situation des Haïtiens en République dominicaine

La Communauté de la Caraïbe (CARICOM) a exprimé...

mercredi 4 mars 2015 par Sterlin Charles

La Communauté de la Caraïbe (CARICOM) a exprimé ses préoccupations face à la multiplication des actes de violence perpétrés contre les ressortissants haïtiens en République dominicaine. Dans la déclaration de clôture de la 26e rencontre des chefs de gouvernement de la CARICOM, l’organisation condamne la montée du racisme et de l’antihaïtianisme en terre voisine.

tension monte entre Haïti et la République dominicaine. Les actes répressifs contre les migrants haïtiens se multiplient de l’autre côté de la frontière. Battus, violés, tués, déportés en grand nombre, ces migrants connaissent la terreur en terre dominicaine. Des organisations et des personnalités du monde entier appellent à éviter une crise humanitaire sur l’île d’Haïti en critiquant le comportement de l’Etat dominicain.

Mardi 3 mars, à la clôture de la 26e rencontre des chefs d’Etat de la CARICOM, les pays de la Caraïbe ont tiré la sonnette d’alarme. « La Communauté de la Caraïbe a noté avec une vive préoccupation un certain nombre de développements récents affectant gravement des Dominicains d’origine haïtienne et les migrants haïtiens en République dominicaine », peut-on lire dans un communiqué publié par l’organisation.

« Ces développements pénibles doivent être placés dans le contexte de l’arrêt du 22 octobre 2014, de la Cour interaméricaine des droits de l’homme, qui a appelé à l’annulation de toutes les dispositions résultant de la décision sur la nationalité », soutient le communiqué rendu public sur le site de la CARICOM. La Communauté caribéenne affirme réitérer la condamnation de la République dominicaine pour violation du droit international.

La CARICOM a condamné également la résurgence des discours antihaïtiens en République voisine ces derniers jours. « Cela a conduit à la mort non naturelle d’un migrant haïtien le 11 février 2015, la profanation du drapeau haïtien et l’expulsion d’un nombre croissant d’Haïtiens sans vérification de leur statut migratoire, selon le communiqué de la CARICOM. Compte tenu de ces évolutions inquiétantes, la Communauté des Etats de la Caraïbe maintient sa position de ne pas donner suite à la candidature de la République dominicaine pour intégrer l’organisation.

Depuis l’assassinat suivi de la pendaison d’un ressortissant haïtien à Santiago, rien ne va plus dans les relations entre les deux peuples. Les menaces se multiplient des deux côtés. Les premières victimes sont évidemment les jeunes étudiants, les travailleurs, les migrants haïtiens. Ils sont harcelés, battus, tués et déportés dans des mauvaises conditions.

Pas moins de 894 Haïtiens ont été arrêtés durant les quatre derniers jours par les membres du corps spécialisé dans la sécurité des frontières terrestres (CESFRONT) et l’armée dominicaine. Ces personnes accusées d’entrer illégalement sur le territoire voisin sont remises à l’Immigration dominicaine. Les déportations des migrants haïtiens en République dominicaine ont considérablement augmenté ces derniers jours. Une situation qui peut être aggravée dans les prochaines semaines à l’approche de la fin du plan de régularisation des étrangers.

« Plus de 250 000 personnes pourraient être affectées par les rapatriements, de même qu’environ 90 000 Dominicains d’origine haïtienne expulsés vers Haïti, estime le responsable de la fondation Zile, Edwin Paraison. Face à l’irresponsabilité, l’insouciance et, qui sait, des irrégularités administratives, des responsabilités doivent être établies. Bagay sa pa ka rete konsa », s’exclame monsieur Paraison, qui appelle à éviter une crise humanitaire sur l’île.

L’ambassadeur dominicain en Haïti rappelé en consultation depuis tantôt une semaine est toujours dans la capitale dominicaine. Entre-temps, les installations diplomatiques de l’Etat voisin à Port-au-Prince sont fermées au public. Le consulat dominicain à Pétion-Ville et l’ambassade sont gardés continuellement par les agents de la police nationale d’Haïti.

Des soldats de la MINUSTAH accompagnent la police nationale pour sécuriser le consulat dominicain à Ouanaminthe. Officiellement, les deux gouvernements ne se sont pas parlé depuis les correspondances échangées par les deux chanceliers la semaine écoulée.

AUTEUR

Louis-Joseph Olivier

ljolivier@lenouvelliste.com


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