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La guerre s’arrête à Gaza après un accord pour cessez-le-feu « illimité »

mardi 26 août 2014 par Sterlin Charles

Après cinquante jours de guerre entre le Hamas et l’armée israélienne qui auront laissé la bande de Gaza exsangue, les deux camps se sont accordés sur un nouveau cessez-le-feu qui sera, contrairement aux précédents, « illimité ».

L’annonce, faite officiellement par le président palestinien Mahmoud Abbas, a été confirmée par des sources gouvernementales israéliennes et saluée par les Etats-Unis et l’ONU.

Plusieurs responsables palestiniens présents au Caire, où l’Egypte a joué le rôle d’intermédiaire depuis le début du conflit, ont également fait part de l’existence de ce cessez-le-feu, qui est entré en vigueur mardi 26 août à 18 heures, heure de Paris, et a été accueilli par des scènes de liesse dans la bande de Gaza. Plusieurs dirigeants du Hamas et du Jihad islamique ont pour l’occasion fait leur première apparition publique depuis le début de la guerre.

Les responsables israéliens, qui ont toujours martelé qu’ils ne négocieraient pas « sous les bombes », ont donc accepté un compromis alors que des roquettes palestiniennes s’abattaient sur l’Etat hébreu et des drones israéliens poursuivaient leurs bombardements, mardi. Une heure avant l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, deux Israéliens ont été tués par un obus de mortier tiré de la bande de Gaza.

UNE CESSATION ILLIMITÉE DES HOSTILITÉS

Contrairement aux précédents, le cessez-le-feu serait donc permanent et devrait mettre un terme aux combats. Selon des responsables palestiniens cités par les différentes agences de presse, la proposition égyptienne sur laquelle les deux camps se seraient entendus prévoit :
◾une cessation illimitée des hostilités ;
◾l’ouverture immédiate des points de passage entre Gaza, Israël et l’Egypte pour « l’entrée rapide de l’aide humanitaire, des secours et des moyens de reconstruction » – donc une levée partielle du blocus de l’enclave en vigueur depuis 2006 ;
◾un élargissement de la zone de pêche palestinienne en Méditerranée, permettant « la pêche jusqu’à 6 milles marins » puis à 12 milles. Jusqu’alors, les Palestiniens de Gaza ne pouvaient pêcher que jusqu’à 3 milles de la côte bien que les accords d’Oslo de 1994 prévoient qu’ils puissent naviguer jusqu’à 20 milles.

Dans un second temps, un mois après l’arrêt des combats, Israéliens et Palestiniens devraient entamer des négociations sur la levée du blocus, la démilitarisation de Gaza, la construction d’un port à Gaza et la libération de membres du Hamas détenus en Cisjordanie occupée, ajoutent les négociateurs.

Les Etats-Unis se sont félicités de cet accord, souhaitant « que le cessez-le-feu soit réellement durable et viable ».

« Nous considérons cela comme une opportunité, pas comme un acquis. Il reste une longue route à faire, nous en sommes conscient et nous nous y engageons les yeux grand ouverts ».

Ban Ki-moon, le secrétaire général de l’ONU a également souhaité que le cessez-le-feu soit « durable » et qu’il ouvre la voie à un « processus politique » entre Israël et les Palestiniens.
PLUS DE 2 000 MORTS ET DES POSSIBLES « CRIMES DE GUERRE »

Cet accord met un terme à cinquante jours de violence et plusieurs semaines de négociations, entrecoupées de trêves temporaires toujours rompues.

Depuis le 8 juillet, 2 138 Palestiniens ont été tués, dont un quart d’enfants, et 70 Israéliens, dont 64 soldats et un enfant. A Gaza, la proportion de civils ou de combattants du Hamas tués fait toutefois polémique – le Hamas insiste sur le nombre de pertes civiles et garde secret le bilan de ses « martyrs », alors qu’Israël affirme que 1 068 « terroristes » ont été tués par son armée avant le 19 août. En huit ans, c’est la quatrième opération militaire menée par Israël à Gaza, où 1,8 million de personnes vivent sur un territoire grand comme trois fois Paris.

Maintenant que les armes ont cessé de parler, l’heure sera à une éventuelle enquête internationale. Les accusations de violation du droit international à Gaza commencent peu à peu à s’élever. Fin juillet, Navi Pillay, la commissaire aux droits de l’homme des Nations unies, a estimé que des « crimes de guerre » pourraient avoir été commis par les deux camps.

D’après une enquête du Monde, l’armée israélienne est accusée d’avoir ciblé des habitations, voire des quartiers entiers, de ne pas suffisamment prévenir la population avant ses bombardements, et de cibler des personnels médicaux, humanitaires ou encore des hôpitaux ; tandis que, du côté palestinien, des civils israéliens auraient été délibérément ciblés, la population gazaouie mise en danger, et des collaborateurs présumés avec Israël exécutés.


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