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Elections/Gouvernement de transition

Le CEP de Berlanger se libère de l’accord du 5 février

mercredi 6 avril 2016 par Sterlin Charles

Environ 10 jours après leur installation, les nouveaux membres du CEP rencontrent la presse pour annoncer qu’ils travaillent sur un plan d’action de quatre points. Le plan d’action de Léopold Berlanger et de son équipe présenté à la population mardi ne comporte ni calendrier électoral ni la formation de commission de vérification électorale, encore moins l’application de l’accord du 5 février 2015.

Evaluation de la machine électorale, réflexion et dialogue avec tous les secteurs impliqués dans les élections, renforcement de l’institution électorale et le dossier des élections municipales constituent les quatre axes du plan d’action des conseillers électoraux. Pour le moment, le CEP ne s’est fixé aucun délai dans la réalisation de ce plan. S’agissant de la formation de la commission de vérification électorale que réclament la plupart des partis politiques, le président de l’institution électorale renvoie la balle dans le camp de l’exécutif.

« La vérification et la clarification des résultats des élections de 2015 est une question qui est renvoyée à une décision politique, a déclaré Léopold Berlanger. Le CEP n’a pas de compétence pour prendre cette décision politique. Le CEP est un organe technique et administratif », a soutenu le président du CEP. Selon lui, la formation d’une commission de vérification revient au pouvoir politique en accord avec les acteurs impliqués dans le processus électoral.

M. Berlanger a avancé que le CEP n’a pas à dire qu’il veut ou non d’une commission de vérification. « Nous avons une seule position : organiser de bonnes élections dans de meilleures conditions, relancer le processus électoral bloqué. Pour continuer, il faut que les blocages politiques soient levés », a-t-il dit, soulignant que dans le cas contraire ils passeront pour des irresponsables.

Le président du CEP a souligné, en revanche, que la formation d’une commission de vérification est un moyen pour lever le blocage. « Nous souhaitons que quelle que soit l’action qui va être faite pour lever le blocage politique soit faite le plus rapidement possible et dans les meilleures conditions », a-t-il avancé.

Avant d’avancer avec le processus électoral, le président du CEP a estimé que son équipe doit d’abord faire une évaluation de la machine électorale dans ses différentes composantes. Selon M. Berlanger, ils ont l’obligation de regarder ce qui a bloqué la machine électorale, comment résoudre le problème et dans combien de temps. Ce n’est qu’après cette phase que le CEP pourra avancer avec le processus, a-t-il ajouté.

Comme s’il disposait de beaucoup de temps et sans contrainte des limites fixées dans l’accord du 5 février, le CEP va lancer un processus de dialogue avec tous les acteurs impliqués dans le processus électoral. Léopold Berlanger entend par là trouver un consensus et mettre en œuvre une gestion plus « transparente » et plus « rigoureuse » des élections. Selon lui, il faut apporter des corrections dans la machine électorale afin qu’il puisse inspirer confiance.

Tout en reconnaissant, paradoxalement, que leur mandat est de court terme, Léopold Berlanger a annoncé que dans leur plan d’action, il est prévu de travailler avec l’exécutif et la communauté internationale afin de renforcer l’institution électorale. « Ce travail vise à un réaménagement des rapports entre le CEP, l’exécutif et l’international pour arriver à une autonomie de l’institution électorale… », a-t-il dit.

Ensuite, dans les meilleurs délais, le CEP entend se pencher sur le dossier des élections municipales. Le représentant du secteur presse a annoncé la publication des résultats pour 59 sur les 140 municipalités là où il n’y a eu aucune contestation après le scrutin du 25 octobre. Selon M. Berlanger, le fait que les élections ont été contestées dans 81 communes montre que le système électoral est « malade ». « Nous sommes obligés de prendre du temps pour se pencher sur les contentieux… », a-t-il dit.

Selon le président du CEP, ces quatre volets de son plan d’action permettront de relancer le processus électoral dans de bonnes conditions et dans les meilleurs délais. Pour le moment, Léopold Berlanger a fait savoir que le CEP ne peut pas parler de calendrier électoral sans une évaluation de la machine électorale et la résolution des problèmes liés au processus électoral.

Interrogé sur les limites et les délais de l’accord du 5 février 2015, Léopold Berlanger a répondu que le CEP, étant une institution indépendante, « n’est pas partie de l’accord ». Selon lui, la Constitution et le décret électorale dictent comment le CEP doit fonctionner. « Il est clairement dit et compris que c’est le CEP qui a l’autorité de dire dans quel délai il entend organiser les élections », a-t-il souligné. Même pour son plan d’action de quatre points, le CEP ne s’est fixé aucun délai.

Alors que la communauté internationale, des parlementaires et le PHTK réclament l’application de l’accord du 5 février 2015, Léopold Berlanger se libère du document. Pour cette première conférence de presse à laquelle tous les neuf membres du CEP avaient pris part, le président de l’institution électorale a indiqué que relancer le processus électoral constitue un grand défi non seulement pour le Conseil électoral, mais aussi pour le pays tout entier. Les élections, a-t-il dit, doivent devenir une simple formalité, mais pas une source de crise.

AUTEUR

Robenson Geffrard

rgeffrard@lenouvelliste.com
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