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Parquet de Port-au-Prince

Le chef de l’Etat ne désapprouve pas les décisions de Me Danton Léger

mardi 12 avril 2016 par Sterlin Charles

Interdiction de départ, mandat de comparution, menaces… le nouveau sheriff de la capitale raisonne fort et fait trembler. Depuis qu’il est arrivé au parquet de Port-au-Prince, Me Danton Léger a déjà lancé une dizaine d’interdictions de départ contre des hommes d’affaires et des membres de l’administration Martelly. Pour le chef de l’Etat, le commissaire du gouvernement ne fait que faire son travail…

I« Le commissaire n’a fait que faire son travail en stricte application de ses prérogatives légales sans interférences du pouvoir, sans mes interférences personnelles », a soutenu le président de la République lundi lors d’une conférence de presse au palais national. « Le commissaire du gouvernement n’est-il pas responsable de mettre l’action publique en mouvement ? Est-ce qu’il a besoin de mon autorisation pour mettre l’action publique contre qui que ce soit ? », a demandé Jocelerme Privert comme pour approuver les actions de Me Danton Léger.

Selon lui, le commissaire n’a pas de provision pour entreprendre une action contre un haut responsable de l’Etat sans avoir l’autorisation du gouvernement. « A ma connaissance, je n’ai pas été sollicité pour une quelconque autorisation », a dit Jocelerme Privert.

Le chef de l’Etat a souligné que deux directeurs généraux en fonction étaient concernés par la décision d’interdiction de départ prise par le commissaire du gouvernement de Port-au-Prince. Il s’agit de Alix Célestin de l’APN et de Eustache Saint-Lot du BMPAD. Le chef de l’Etat a aussi souligné que l’affaire du bateau contenant de la drogue n’a pas eu lieu sous son administration.

Me Danton Léger a déjà pris des mesures d’interdiction contre Olivier Martelly, le fils aîné de Michel Martelly, l’ancien ministre de l’Economie et des Finances de Martelly, Wilson Laleau, les hommes d’affaires Marc-Antoine Acra et Fritz Mevs, contre Roro Nelson, le bras droit de Martelly, entre autres

Privert, un président sans pouvoir dans les premiers jours de son mandat

Le président provisoire de la République a dénoncé le fait que pendant ses premières semaines au pouvoir il fonctionnait dans une situation de blocage. « Des directeurs généraux se sont même permis d’apporter des démentis à des informations que j’ai données et des actes que j’ai posés… » Jocelerme Privert avait soif de faire des changements dans l’administration publique. Les changements qu’il a opérés, a-t-il dit, permettront de soulager la population.

Plus loin, M. Privert a dénoncé le fait que deux jours après son accession au pouvoir « de fortes sommes d’argent quittaient les différents ministères… ». Pour montrer qu’il ne contrôlait pratiquement rien dans les premiers jours de son mandat, Jocelerme Privert a fait savoir que six directeurs généraux ont été révoqués le jour même de son arrivée au palais national. « On parle de plus de 80 fonctionnaires nommés dans les différentes missions diplomatiques, on parle de plus d’une centaine de commissaires du gouvernement nommés au cours même du mois de mars alors que je suis président de la République ; je ne disposais pas encore de gouvernement. »

Selon Jocelerme Privert, la formation du gouvernement dirigé par Enex Jean-Charles lui a permis de faire des changements nécessaires dans l’administration publique comme la nomination de Michel-Ange Gédéon à la tête de la police nationale. Le chef de l’Etat a rappelé que depuis le 30 septembre 2014, le mandat de Godson Orélus que lui a donné le Sénat était arrivé à terme. L’ex-président Michel Martelly n’avait pas renouvelé le mandat de M. Orélus devant les parlementaires, a-t-il dit. « En 2015, en dehors de la Constitution, M. Orélus avait été reconduit à la tête de la police, c’est un état de fait qui méritait d’être corrigé », a-t-il critiqué.

Joecelerme Privert a souligné que vendredi dernier, le jour même de l’installation de Michel-Ange Gédéon, on a assassiné Robert Anglade et une commerçante dans le Sud. A Delmas 33, toujours vendredi, un policier a été blessé par des individus armés, a-t-il ajouté. Plus de 35 policiers assassinés entre 2015 et 2016, a avancé le chef de l’Etat pour justifier le changement à la tête de la PNH, soulignant qu’il a respecté la Constitution à travers ses démarches.

De même, a ajouté le chef de l’Etat, pour les conseils d’administration de la BRH et de la BNC, la Constitution veut qu’ils aient la double légitimité. En les faisant ratifier par le Sénat après leur choix par le président de la République, ils auront toute leur indépendance pour fonctionner sans interférence du pouvoir, a souligné M. Privert. Il a donc demandé au Sénat d’approuver ces deux conseils nommés par l’administration Martelly.

AUTEUR

Robenson Geffrard

rgeffrard@lenouvelliste.com
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