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Haïti-Elections

Les Etats-Unis veulent rester dans les termes de l’accord

jeudi 18 février 2016 par Sterlin Charles

Le coordonnateur spécial pour Haïti et secrétaire adjoint du Bureau des Affaires de l’hémisphère occidental, Kenneth Merten, a réalisé, à partir du Département d’Etat américain, ce mercredi 17 février 2016, une téléconférence où il a été essentiellement question de l’achèvement du cycle électoral en Haïti. Il en a profité pour répondre aux différentes questions que des journalistes lui ont adressées.

Dans ses remarques d’introduction, Kenneth Merten reconnaît qu’Haïti s’approche vers la fin de son cycle électoral avec le vote prévu pour le 24 avril prochain. « Le succès de l’accord du 5 février entre les parties dépend de l’engagement du gouvernement intérimaire de mettre en œuvre les termes de l’accord ainsi que la chronologie y afférente […] Nous soutenons la conclusion rapide de ce processus électoral avec un résultat qui reflète la volonté et le désir du peuple haïtien », déclare le diplomate américain. Par ailleurs, Kenneth Merten préconise la convocation rapide par le président provisoire des secteurs concernés au sein de la société pour désigner les nouveaux membres du Conseil électoral provisoire (CEP). Selon lui, cette démarche donnera à ce nouveau CEP une chance d’apprendre son travail, du temps d’apprendre à éviter les erreurs qui ont été commises par les précédents CEP. « Encore une fois, les États-Unis soutiennent des élections crédibles, transparentes et sécurisées qui reflètent la volonté du peuple haïtien et nous pensons que seul un gouvernement démocratiquement élu fournit la légitimité juridique de gouverner Haïti […] », affirme ce dernier. A la question s’il est confiant que les élections auront lieu le 24 avril prochain, tel que prévu dans l’accord du 5 février, Kenneth Merten est catégorique. « Je pense que oui. Les gens ont choisi ces dates sachant ce qu’elles représentent. Ceci est un accord haïtien qui a été conclu entre les parties haïtiennes », déclare l’ex-ambassadeur américain accrédité à Port-au-Prince. Cependant, il tient quand même à mettre un bémol : « Je pense que de toute évidence il y a des chances, comme dans tous les pays, que les dates, les délais ne soient pas respectés. » En ce sens, il s’engage à encourager les gens à répondre aux délais tels qu’ils ont été définis, et de faire leur possible pour aider, si nécessaire, à faciliter ce processus. « Je pense que si tout le monde se concentre sur la satisfaction de ces échéances, axées sur bien faire son travail et faire avancer le processus, je crois que ces délais peuvent être respectés », déclare-t-il à l’intention des nombreux secteurs en Haïti qui pensent que 120 jours ne suffiront pas à l’organisation des élections. En ce qui a trait aux 30 millions de dollars qui ont été alloués par les États-Unis au processus électoral en Haïti, Kenneth Merten souligne que l’administration américaine se sent très heureuse de son investissement dans le processus électoral. « Haïti a un Parlement qui fonctionne pour la première fois depuis plus d’un an. […] Nous devons noter que les élections en octobre étaient pacifiques. […] Avec le recul, quand on regarde le travail de la commission d’évaluation et autres, je pense que les gens ont fait des choses qui auraient pu être améliorées », déclare-t-il. Plus loin, il fait remarquer qu’au cas où les élections se tiennent le 24 avril prochain, des fonds supplémentaires vont être nécessaires. « Mon sentiment est qu’il y aura de l’argent supplémentaire nécessaire, certainement que les Haïtiens vont mettre dans ces élections et probablement des partenaires internationaux », prévient-il avant de botter parfaitement en touche. « Je ne vais pas mettre un chiffre jusqu’à ce que nous sachions quelque chose de concret, jusqu’à ce que nous ayons un bon chiffre approximatif. » Kenneth Merten a aussi été questionné ce mercredi sur la possibilité pour que ce nouveau gouvernement provisoire et le nouveau président, Jocelerme Privert, ouvrent le second tour de la présidentielle, le 24 avril prochain, à plusieurs candidats. « Je pense que, si je me souviens, l’accord parle d’un achèvement du processus. Et le processus jusqu’à présent a admis deux candidats, Jude Célestin et Jovenel Moïse, au second tour », explique-t-il. « Je ne pense pas, poursuit-il, que ce soit légal selon le décret électoral, ni selon la Constitution haïtienne. »
Patrick SAINT-PRE
sppatrick@lenouvelliste.com


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