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Les frappes françaises contre les djihadistes en Irak ont commencé

vendredi 19 septembre 2014 par Sterlin Charles

D’autres frappes auront lieu dans les prochains jours et un débat sur l’intervention se tiendra au Parlement la semaine prochaine.

François Hollande avait annoncé jeudi que les frappes en Irak se feraient rapidement. Moins de 24 heures après, c’est chose faite. Des avions Rafale français ont effectué vendredi « à 9h40 » leurs premières frappes, en visant un « dépôt logistique » de l’État islamique qui abritait des véhicules, des armes et du carburant à Tall Mouss dans le secteur de Zoumar dans le nord-est du pays qui a été « entièrement détruit », a annoncé l’Élysée. D’autres opérations sont prévues dans les prochains jours. On ignore encore si des djihadistes ont été tués au cours de l’opération, mais l’état-major des armées assure qu’il n’y a pas de « dommages collatéraux », autrement dit pas de victimes civiles à déplorer. Le président François Hollande a précisé que le Parlement sera informé la semaine prochaine des conditions de l’engagement des forces françaises en Irak. Le premier ministre Manuel Valls recevra les présidents des groupes parlementaires pour préparer ce débat qui se tiendra mercredi mais qui ne sera pas suivi d’un vote. Si la durée de l’intervention excède quatre mois, le gouvernement devra obtenir le feu vert du Parlement.

Un rôle majeur dans la lutte contre les djihadistes de Daech

C’est sans doute sur les crises internationales, qui ne manquent pas depuis son arrivée à l’Élysée, que François Hollande est le plus à l’aise, le plus déterminé. Et même, avancent certains, le plus courageux. François Hollande l’avait déjà fait comprendre le 15 septembre pendant la conférence de Paris sur l’Irak : la France entend jouer un rôle majeur dans la lutte contre les djihadistes de Daech, l’acronyme arabe de l’État islamique. D’abord parce qu’il faut « assurer la sécurité » du pays face à la menace représentée par les djihadistes français partis combattre en Syrie et en Irak - environ un millier - et qui « peuvent revenir avec les pires projets dans la tête ». Ensuite parce que la France, membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU, « doit prendre ses responsabilités ». Car ce « terrorisme qui a changé de dimensions » et veut prendre la place des États, menace aussi l’Europe et le monde.

Pas de troupes au sol

Le chef de l’État a donc confirmé jeudi que la France, qui déjà livre des armes aux combattants kurdes et a mené seule le combat contre les islamistes au Mali, avait répondu oui aux autorités irakiennes qui lui demandaient de mener des opérations aériennes contre Daech. L’intervention française qui vient donc de débuter fera d’ailleurs l’objet d’un débat parlementaire la semaine prochaine.

Jeudi, François Hollande a aussi confirmé qu’il n’enverrait pas de troupes au sol en Irak. Et que la contribution française à la guerre contre Daech ne concernerait pas la Syrie, car la France ne veut pas prendre le risque de renforcer Bachar el-Assad en frappant les djihadistes. Le chef de l’État a rappelé entre les lignes qu’il y a tout juste un an la France avait été lâchée par ses partenaires alors que les alliés s’apprêtaient à frapper le régime syrien qui venait de franchir la ligne rouge sur les armes chimiques. « Aujourd’hui, les armes chimiques ne sont plus là », concède François Hollande. Mais parce que « la communauté internationale est restée inerte (…) le terrorisme s’est engouffré dans la brèche ». Il a franchi la frontière irakienne où il fait régner la terreur, traque les minorités, « décapite les journalistes ». Sur la crise libyenne, le président a affirmé qu’il appartenait à la communauté internationale d’agir, estimant que « la France ne peut à elle seule prendre cette initiative ».

Parce que « la communauté internationale est restée inerte (…) le terrorisme s’est engouffré dans la brèche »

François Hollande

François Hollande a ensuite longuement évoqué la crise en Ukraine, regrettant « comme un retour de la guerre froide » et dénonçant la violation de certains principes essentiels comme « l’intangibilité des frontières ». Espérant toujours un apaisement, il a rappelé que les sanctions seraient levées « si le processus de règlement de la crise est engagé », le cessez-le-feu respecté. Même le Mistral, dont la livraison « n’est pas possible dans les circonstances actuelles », pourrait être, si la situation changeait, livré à la Russie. Cette crise aux portes du continent rappelle la nécessité pour l’Europe « d’avoir une défense ». La France a des responsabilités mais ne peut agir « à la place des autres pays européens ». Il faut « que le fardeau soit partagé », a dit François Hollande. Car l’Europe est en danger. « Après un demi-siècle de construction, prévenait-il à l’heure du vote des Écossais, nous entrons dans un processus de destruction. »


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