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Les troupes ukrainiennes reculent devant les chars russes à Lougansk

lundi 1er septembre 2014 par Sterlin Charles

L’armée ukrainienne s’est retirée de l’aéroport de Lougansk, bastion des séparatistes pro-russes. Un revers de plus pour les forces loyales à Kiev.

L’armée ukrainienne s’est retirée de l’aéroport du bastion séparatiste de Lougansk, affirmant être attaquée par des troupes russes au moment où Moscou exige qu’un cessez-le-feu "immédiat et sans condition" soit discuté lundi par le "groupe de contact" à Minsk. Ce retrait de Lougansk s’ajoute à une série de revers pour l’armée ukrainienne qui, selon des journalistes de l’AFP sur place, semble avoir abandonné sans vraiment combattre une vaste zone du sud-est de la région de Donetsk entre le fief rebelle de Donetsk, la frontière russe à l’est et le port stratégique de Marioupol au sud, sur les bords de la mer d’Azov.

Il intervient alors que les représentants de l’Ukraine, de la Russie et de l’OSCE formant le "groupe de contact" se sont réunis dans la capitale biélorusse au lendemain des déclarations de Vladimir Poutine évoquant pour la première fois l’idée d’un "statut étatique" pour les régions rebelles de l’Est. Y participe également Andreï Pourguine, vice-Premier ministre de la république autoproclamée de Donetsk.

Kiev et les Occidentaux accusent - photos satellitaires à l’appui - la Russie d’avoir déjà déployé ses troupes régulières dans l’est de l’Ukraine, ce que Moscou dément. Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a même assuré qu’il n’y aurait "pas d’intervention militaire russe" en Ukraine et estimé qu’un "cessez-le-feu immédiat et sans condition" devrait être discuté lundi à Minsk.

Risque d’une guerre d’envergure

Le Premier ministre polonais Donald Tusk choisi à la présidence du Conseil européen a mis en garde contre les dangers d’une guerre "non seulement dans l’est de l’Ukraine" dans un discours prononcé lundi matin lors des cérémonies marquant le 75e anniversaire de l’agression de l’Allemagne nazie contre la Pologne qui déclencha la Seconde Guerre mondiale. Kiev a pour sa part fait état dans la matinée de combats entre parachutistes ukrainiens et "un bataillon de chars des forces armées russes pour défendre l’aéroport de Lougansk". En fin de matinée, "les militaires ukrainiens ont reçu l’ordre (de se retirer) et se sont retirés de l’aéroport de Lougansk", a déclaré le porte-parole militaire ukrainien Andriï Lyssenko. "Compte tenu de la précision des tirs, il s’agit d’artilleurs professionnels des forces armées russes", a-t-il affirmé. Le ministre ukrainien de la Défense Valéri Gueleteï a affirmé dimanche soir à la télévision que des troupes russes étaient également apparues à Donetsk, chef-lieu régional et fief de la rébellion pro-russe.

Le conflit dans l’est de l’Ukraine, qui a fait près de 2 600 morts depuis la mi-avril, a franchi une nouvelle étape la semaine dernière après des informations concordantes sur la présence de troupes régulières russes en Ukraine, plus de 1 000, selon l’Otan, 1 600, selon Kiev. Selon l’ONG russe le Comité des mères de soldats, jusqu’à 15 000 soldats russes ont été envoyés en Ukraine au cours des deux derniers mois, et plusieurs centaines ont apparemment été tués dans les combats.

"La situation s’est aggravée ces derniers jours, l’Ukraine faisant face à une agression directe et non dissimulée de l’État voisin", a déclaré lundi le président ukrainien Petro Porochenko. Autour de Donetsk, les signes d’un retrait des forces loyalistes ukrainiennes s’accumulent, selon un journaliste de l’AFP. Le barrage de l’armée à la hauteur de Mariïnka, à la sortie ouest, n’était plus là lundi. Près de Berezové, au sud du fief séparatiste, un char de l’armée et deux véhicules militaires de transport de troupes ont été abandonnés. Dans le centre de Donetsk, aucun bombardement n’a été entendu dans la nuit.

Poutine appelle au "bon sens"

Alors que les insurgés ont repris l’initiative, Vladimir Poutine a évoqué dimanche pour la première fois un "statut étatique" pour les régions séparatistes. L’escalade intervient avant un sommet de l’Otan les 4 et 5 septembre au Royaume-Uni, où une rencontre est prévue entre le président ukrainien et Barack Obama. Kiev qui a relancé son projet d’adhésion à l’Otan attend une "aide pratique" et des "décisions cruciales" de l’Alliance à l’issue du sommet. La Commission européenne doit pour sa part commencer lundi à travailler sur de nouvelles sanctions contre la Russie. Ces mesures doivent être présentées d’ici à la fin de la semaine aux dirigeants européens, qui prendront une décision "en fonction de l’évolution de la situation sur le terrain". Le président russe Vladimir Poutine a appelé lundi au "bon sens" en disant espérer que ni la Russie ni l’UE ne provoqueraient "de dégâts avec ces piques respectives". Face à cette menace, la monnaie russe a plongé lundi à un nouveau record de faiblesse face au dollar, le billet vert dépassant 37,30 roubles et à son plus bas niveau en quatre mois face à l’euro (49 roubles).


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