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Obama admet avoir sous-estimé la menace que représentait l’Etat islamique

lundi 29 septembre 2014 par Sterlin Charles

Barack Obama a admis, dimanche 28 septembre, que les Etats-Unis avaient sous-estimé la montée en puissance du groupe djihadiste de l’Etat islamique (EI) en Syrie, et n’avait pas vu venir l’écroulement de l’armée irakienne, censée la contenir dans l’Etat voisin. Aujourd’hui, estime-t-il dans une interview à l’émission phare de CBS News, « 60 minutes », la Syrie est devenue un « Ground Zero pour les djihadistes à travers le monde ».

« Le chef de notre renseignement, Jim Clapper, a reconnu qu’ils avaient sous-estimé ce qui se passait en Syrie », a-t-il dit en parlant du directeur du renseignement national. Interrogé pour savoir si Washington avait aussi surestimé la capacité ou la volonté de l’armée irakienne, formée jusqu’en décembre 2011 et à haut coût par l’armée américaine, de combattre les djihadistes, le président américain a répondu : « C’est vrai, c’est tout à fait vrai. » L’intégralité de cette interview doit être diffusée dimanche soir.

Le 17 septembre, M. Clapper avait déjà reconnu avoir échoué à prévoir ces deux événements, lors d’une conversation téléphonique avec des journalistes américains. « Ce que nous n’avons pas vu, c’est leur détermination à se battre. C’est toujours cela le problème. (...) Nous avons sous-estimé l’EIIL [Etat islamique en Irak et au Levant, ancien nom de l’organisation] et surestimé les capacités de combat de l’armée irakienne... Je n’ai pas vu venir l’écroulement des forces de sécurité irakiennes dans le nord [du pays]. Je n’ai pas vu cela », déclarait-il, cité par le Washington Post.

PAS DE SOLUTION PUREMENT MILITAIRE

L’administration Obama a été régulièrement accusée d’avoir fermé les yeux sur le sectarisme croissant de l’ancien premier ministre irakien Nouri Al-Maliki, pressée qu’elle était de se désengager d’Irak (lien vers notre édition abonnés). M. Maliki s’était aliéné la population sunnite du pays, et avait tenté d’écraser par la force plusieurs soulèvements, poussant une partie à soutenir l’EI.

Dimanche, M. Obama a ajouté que l’intervention militaire internationale en cours dans les deux pays pouvait améliorer la situation, mais que la Syrie et l’Irak devraient trouver à terme une solution politique. L’Irak fait face à de nombreuses tensions communautaires, tandis que la Syrie est embourbée dans une guerre civile sanglante depuis 2011.


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