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OAVCT ou quand payer une assurance obligatoire devient impossible

vendredi 27 avril 2018 par Charles Sterlin

L’Office d’assurance véhicule contre tiers (OAVCT) entame sa quatrième semaine de fermeture au public.

Editorial -

Les employés sont en grève contre l’administration de l’institution. Comme pour toutes les grèves qui durent, on oublie chaque jour un peu plus l’objet des revendications pour ne constater que les embarras provoqués au quotidien par le mouvement des employés.
Il y a des esprits méthodiques qui calculent à bon escient le manque à gagner pour l’État, propriétaire de cette entreprise publique. Depuis le 3 avril, cela doit faire des millions de gourdes. L’Office d’assurance véhicule contre tiers (OAVCT) détient le monopole des assurances pour véhicules dans le pays. Chaque véhicule, même ceux qui se payent une assurance privée, doit se faire assurer à l’OAVCT. C’est la loi.
D’autres se demandent comment font les assurés dont la police a expiré. Continuent-ils de rouler avec un véhicule sans couverture d’assurance ? Ont-ils garé leur précieux bien en attendant que la grève soit levée ? Que se passe-t-il quand dans un accident la voiture ou les voitures impliquées ne sont pas assurées ? Qui est responsable ? Qui paie quoi ?
L’Office de protection du citoyen (OPC), organisme très officiel de la République, a lancé un appel à la police pour demander aux agents du service de la circulation de ne pas sévir contre les usagers qui se retrouvent sur la route sans police d’assurance en règle. Cela paraît de bon ton. L’usager n’est pas responsable de sa non-capacité à remplir une formalité devenue impossible.
Cet appel de l’OPC révulse les employés en grève qui, cités dans un article de Jean Daniel Sénat dans cette édition du Nouvelliste, estiment que la démarche de l’Office de protection du citoyen leur fait perdre l’appui des automobilistes, leurs alliés dans leur lutte.
Allez comprendre…
L’OPC, chargé de la défense des droits humains, aurait pu cependant proposer ses services comme médiateur pour mettre fin au conflit. La situation retournerait à la normale. Tous les automobilistes pourraient reprendre le chemin de l’OAVCT, payer à l’État ce qui lui est dû et refaire leur assurance.
Cela ne semble pas encore dans l’agenda du Protecteur du citoyen.
Dans un pays où les assurances sont si rares, voilà donc un service d’assurance obligatoire et monopolistique qui se permet une grève et cela fera bientôt un mois que cela dure, sans vraiment inquiéter personne.

Frantz Duval
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