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Droite européenne : Berlin demande à l’ambassadeur américain de s’expliquer

lundi 4 juin 2018 par Charles Sterlin

L’Allemagne a demandé lundi à l’ambassadeur américain à Berlin, un fidèle de Donald Trump, des explications après qu’il eut déclaré vouloir "soutenir" les conservateurs en Europe dans un entretien au portail d’extrême droite Breitbart.
Berlin a demandé "une clarification", a déclaré un porte-parole du ministère des Affaires étrangères, ajoutant que Richard Grenell, en poste depuis moins d’un mois à Berlin, aurait l’occasion de s’expliquer lors d’un entretien -prévu de longue date- avec un secrétaire d’Etat au ministère, Andreas Michaelis, cette semaine.
Selon l’entretien accordé à Breitbart paru dimanche, le diplomate déclare avoir été contacté par "de nombreux conservateurs dans toute l’Europe" qui lui ont fait part de leur sentiment d’une "résurgence en cours" de cette mouvance politique, portée par l’échec des politiques de gauche.
"Je veux absolument soutenir d’autres conservateurs partout en Europe, d’autres responsables", ajoute-t-il, une déclaration pour le moins inhabituelle venant d’un ambassadeur censé rester neutre.
"Je pense que l’élection de Donald Trump a permis aux gens de dire qu’ils ne peuvent pas autoriser la classe politique à déterminer qui va gagner ou qui devrait être candidat avant que l’élection ait lieu", peut-on également lire.
Attaqué sur Twitter, il a paru faire partiellement machine arrière. Il a jugé "ridicule" l’idée qu’il puisse appuyer des partis ou candidats conservateurs lors d’élections en Europe.
Mais "je maintiens mes propos sur le fait que nous vivons un réveil de la majorité silencieuse, ceux qui rejettent les élites et leur bulle. (Un mouvement) mené par Trump", a-t-il ajouté.
Ses déclarations ont provoqué des remous en Allemagne et en Europe.
"Nous devons défendre l’Europe face à Trump, son diplomate n’a pas à s’immiscer dans nos élections ou à tenter d’influencer notre société. Nous respectons la souveraineté des Etats-Unis, à eux de faire de même", a fustigé Guy Verhofstadt, le chef des élus libéraux au Parlement européen.
"Les citoyens européens n’ont pas besoin qu’un vassal de Trump leur dise pour qui voter", a aussi réagi un député social-démocrate (SPD) allemand Thorsten Schäfer-Gümbel.
"Je sais que vous êtes encore tout nouveau à votre poste mais cela ne fait pas partie des prérogatives d’un ambassadeur de s’immiscer dans la politique de son pays hôte, M. Grenell", a renchéri le secrétaire général du SPD, parti membre de la coalition gouvernementale d’Angela Merkel, Lars Klingbeil.
M. Grenell, 51 ans s’était déjà fait remarquer pour avoir sommé -le jour même de sa prise de fonction le 8 mai- les entreprises allemandes de cesser leurs activités en Iran après la décision de Washington de dénoncer l’accord nucléaire et de rétablir les sanctions contre Téhéran.
Homosexuel, partisan du mariage gay, il se décrit sur Twitter comme un "disciple imparfait du Christ".
Ancien porte-parole de la mission américaine à l’ONU sous l’administration Bush, il a travaillé avec John Bolton, un "faucon" nommé récemment conseiller à la sécurité nationale de M. Trump.


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