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Syrie : "Il faudra serrer la main à Bachar"

lundi 8 septembre 2014 par Sterlin Charles

C’est Sergueï Lavrov le Russe qui le dit. Et visiblement ça l’amuse. Depuis que l’État islamique s’enracine en Syrie et en Irak, l’ennemi mondial numéro un n’est plus Bachar el-Assad. Du coup Bachar prend son air de premier communiant et propose ses services.

Pendant un an, il n’a rien fait. Dans le nord du pays, aux portes d’Alep, les djihadistes D’al-Qaïda et ceux qui s’appelaient à l’époque "État Islamique en Irak et au Levant" poussaient leurs pions, mais Assad avait d’autres priorités : les rebelles de l’armée syrienne libre. L’opposition armée. Ceux que l’occident soutenait. Ceux qui chaque jour demandaient qu’on les aide par des frappes aériennes. Et puis Barack Obama s’est dégonflé. Les frappes ont été suspendues au dernier moment. Dans les semaines qui ont suivi, 40% des combattants de la rébellion modérée ont tourné casaques et sont allés rejoindre les djihadistes d’al-Nosra ou de l’EIIL. Preuve avait été faite que l’on ne pouvait pas compter sur les promesses des occidentaux. Assad avait gagné la première manche.

Depuis, il fait face aux djihadistes que plus personne n’ose soutenir à part quelques fonds saoudiens ou qataris. Des djihadistes qui sont descendus jusqu’en Irak. Obama, cette fois, a donné son feu vert pour frapper. Du coup, Bachar fait de même, bombarde aussi l’Etat islamique et fait du pied au Pentagone. "Appelez nous, on travaillera ensemble, on sera plus efficace". Pour un peu il inviterait Jonh Kerry à dîner !

À présent, la question est là pour la France. Faut-il accompagner les bombardements américains ? Réponse de l’Elysée : oui mais dans un cadre légal. Une résolution de l’ONU par exemple. Encore faut-il que les Russes soient d’accord. "Ok" répond Moscou mais à une condition : associer Assad à la manœuvre, reprendre contact avec lui et mener une opération commune. "Si les occidentaux veulent combattre l’État islamique ils devront serrer la main d’Assad", dit le ministre russe des affaires étrangères. Gloups. La pilule est un peu trop grosse. "Pas question", dit l’Elysée. Alors ? Alors on attend que le gouvernement irakien demande officiellement d’intervenir. Ça fera un cadre légal et personne n’aura à serrer la main d’Assad. Pour l’instant…


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