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Syrie : la coalition frappe les djihadistes près de la frontière turque

mardi 30 septembre 2014 par Sterlin Charles

Des centaines de milliers de Syriens ont trouvé refuge en Turquie. Ankara doit se prononcer jeudi sur la possibilité de rejoindre la coalition.

La coalition contre le groupe État islamique a mené mardi des frappes contre la ville syrienne d’Aïn al-Arab (Kobané en kurde). La ville située à la frontière avec la Turquie semble prête à rejoindre l’alliance anti-djihadiste. Dans le même temps, les forces kurdes ont lancé une offensive sur trois fronts dans le nord de l’Irak contre le groupe EI, qui multiplie les exactions dans les zones sous son contrôle.

En Syrie, les combattants du groupe extrémiste sunnite se trouvent désormais à seulement cinq kilomètres d’Aïn al-Arab, dont ils cherchent à s’emparer pour contrôler sans discontinuité une longue bande de territoire le long de la frontière turque. Ils ont visé lundi la cité à la roquette, touchant pour la première fois le centre-ville où trois personnes ont été tuées, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). Face à cette avancée, les États-Unis et des pays arabes ont mené dans la nuit de lundi à mardi deux frappes contre des positions de l’EI, d’après l’OSDH qui n’a pu préciser la nature des cibles.

Débat en Turquie

L’offensive des djihadistes dans cette région, engagée mi-septembre, avait alors poussé plus de 160 000 personnes à trouver refuge en Turquie. Lundi, 15 000 habitants ont encore passé la frontière en raison des nouveaux affrontements. Ankara a renforcé lundi son dispositif militaire autour du poste-frontière de Mursitpinar (sud), après que trois obus de mortier venant de la zone des combats sont tombés sur son territoire. Plus d’une dizaine de chars et de véhicules blindés y ont été déployés, selon un photographe de l’AFP sur place. Alors qu’Ankara se montrait jusqu’ici réticent à participer à une intervention militaire contre les djihadistes, le gouvernement islamo-conservateur va finalement déposer mardi un projet de mandat autorisant l’intervention de son armée en Irak et en Syrie. Si le Parlement - qui doit en débattre à partir de jeudi - l’approuve, la Turquie rejoindra ainsi la coalition initiée par les États-Unis et à laquelle participent à différents degrés une cinquantaine de pays.

Accusé d’avoir soutenu, voire armé, les groupes rebelles les plus extrémistes engagés dans la guerre contre le régime du président syrien Bachar el-Assad, dont le groupe EI, Ankara a longtemps justifié son refus d’intervenir par la nécessité de protéger ses 46 ressortissants enlevés en juin par l’EI à Mossoul (Irak). Mais après leur libération, le 20 septembre, et un déplacement aux États-Unis, le président turc Recep Tayyip Erdogan s’est finalement rallié à l’idée d’une action militaire, soulignant dimanche : "Nous ne pouvons rester en dehors de ça."

4 100 sorties aériennes

Outre Aïn al-Arab, la coalition a frappé la nuit dernière des positions djihadistes près de Tall Abyad, localité frontalière de la Turquie située dans la province de Raqqa (nord), principal fief du groupe EI. Des raids ont également ciblé deux localités sous le contrôle du groupe extrémiste dans la province de Deir ez-Zor (est), d’après l’OSDH.

Les frappes en Syrie ont commencé le 23 septembre, un mois et demi après le début, le 8 août, des raids américains en Irak. Dans le Nord irakien, les forces kurdes ont lancé avant l’aube mardi une offensive sur trois fronts contre les djihadistes, selon des officiers peshmergas. "Les soldats sont en train de se battre dans le centre de Rabia", à une centaine de kilomètres au nord de Bagdad, après avoir pris deux villages, a indiqué un haut gradé. Soutenus par des frappes aériennes, les peshmergas ont également attaqué la ville de Zoumar, à environ 60 km de Mossoul, et repris des villages au sud de la ville pétrolière de Kirkouk.

L’armée américaine a procédé à 4 100 sorties aériennes depuis le 8 août en Irak et Syrie, y compris les vols de surveillance, le ravitaillement en carburant et les frappes. À ce chiffre, transmis lundi par un responsable militaire américain sous le couvert de l’anonymat, s’ajoutent une quarantaine de vols menés par cinq pays arabes. La campagne de frappes en Syrie a fait en une semaine au moins 211 morts parmi les djihadistes et 22 parmi les civils, selon l’OSDH


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