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L’ex-PM Enex Jean-Charles se confie sur la transition, les élections de 2016 et ses rapports avec Jocelerme Privert

mercredi 25 avril 2018 par Charles Sterlin

Longtemps muré dans son silence, l’ancien Premier ministre Enex Jean Charles, a signé son come-back avec plusieurs révélations ce lundi. En effet, dans une vidéo circulant sur la Toile, on peut voir celui qui a codirigé l’exécutif avec Jocelerme Privert se confier au micro de Luckner Désir au moment où celui-ci tournait son émission « Matin-Débat » à Bassin-Bleu.

National -

L’authenticité du document a été confirmé par l’ancien patron de la Primature joint par téléphone. Dans cette entrevue, Enex-Jean Charles a soutenu l’idée que le pays n’ira nulle part. Pour étayer ce point de vue il a livré ses expériences durant son mandat d’un an comme Premier ministre. « Pour avoir été au pouvoir au cours de la période des élections, j’ai vu la quantité de plaies qui existent dans ce pays. Quel que soit celui qui remporte les élections, il ne peut se réaliser à cause des barricades qui s’érigent partout à travers le pays. On n’ira nulle part. Je parle en fonction de mes expériences. Il y a des groupes qui sont spécialisés dans le blocage du pays. Il y a d’autres groupes qui ne défendent que leurs intérêts. Ils sont prêts à gâcher tout ce qui ne va pas dans le sens de leurs intérêts mesquins », a-t-il fait savoir. Selon l’ex-PM, celui qui remporte les élections ne doit pas se comporter en super-président. « Il doit réunir tous les acteurs autour de la table », conseille-t-il.
Enex Jean-Charles a également révélé que certains secteurs ont tenté de le forcer à influencer le résultat des élections de 2016. Ce que lui et Jocelerme Privert ont refusé de faire, a-t-il souligné. « J’ai été Premier ministre avec les menottes dans les bras. J’ai été témoin de beaucoup de choses. J’ai dit au président Privert que nous ne devions pas prêter attention à ceux qui voulaient que nous influençions le résultat des élections dans un sens comme dans l’autre. Nous étions clair là-dessus. Et nous avons pris toutes les dispositions nécessaires pour que les élections soient crédibles et transparentes. Le vrai gagnant l’a emporté. Je peux affirmer avec force que Jovenel Moïse avait remporté les élections », a-t-il avancé.

L’ex-Premier ministre explique que les tentatives d’influence sont orchestrées par des menaces et des offres d’avantages. « On peut vous promettre de vous maintenir au pouvoir si vous dirigez dans un sens. On peut vous menacer de vous destituer également. Un soir, je suis allé me coucher en pensant que je me réveillerais en président de la République le lendemain. On m’avait offert le poste de Président. Il y a eu un communiqué signé des Présidents des deux Chambres, Cholzer Chancy et Ronald Larèche, déclarant que le mandat du Président avait terminé et que j’étais dorénavant en charge de l’exécutif.

Il s’agissait d’un document officiel. A l’époque, le pays avait la chance d’être dirigé par deux responsables qui n’avaient pas d’ambitions de pouvoir. Je n’ai pas accepté parce que je savais que cela n’allait rien apporter au pays. De plus, en acceptant ce poste, je serais sorti immédiatement de l’engagement que j’avais pris devant le Parlement. Cela ne m’aurait rien rapporté de parvenir à la présidence à tout prix », a-t-il rapporté. Dans son entrevue avec le journal, il a rappelé que ce document avait constaté la fin du mandat de Jocelerme Privert et exigé l’application de la Constitution selon laquelle le PM devrait assurer le pouvoir exécutif. « Le document avait été publié dans la presse », a-t-il fait remarquer.
L’ex-PM a expliqué que les tentatives d’influences venaient des parlementaires, du secteur privé, de syndicats, de partis politiques, de la communauté internationale, entre autres. « Il y a des tentatives directes, il y en a qui étaient voilées », a-t-il confié au journal. Il a affirmé n’avoir jamais cédé aux pressions. « J’ai pris la précaution de me conformer à la loi. J’avais fait en sorte que je ne sois impliqué dans aucun dossier qu’on pourrait utiliser pour ternir mon image. Je me suis assuré de remplir dans le cadre de la loi la mission qui m’a été confiée », a-t-il dit. Selon lui, ces tentatives d’influence étaient orchestrées dans le but de semer la discorde entre lui et le président Privert. « Il y a avait une situation particulière où il était facile de faire miroiter la prise du pouvoir. Il avait des gens pour qui le mandat du président était arrivé à terme et un autre groupe qui pensait que le mandat devait se poursuivre. Si j’avais prêté attention aux choses qu’on faisait miroité mes yeux, cela pourrait m’amener à exercer le pouvoir exécutif. À ce moment, cela nous amènerait à une situation que jusqu’à aujourd’hui je n’arriverais pas à déterminer », a expliqué Jean-Charles.
L’ancien Premier ministre souligne avoir conservé de très bonnes relations avec le président Jocelerme Privert. « Cela pourrait arriver avec tous les autres présidents de la République que j’aurais eus comme collaborateurs. Il faut que l’on soit capable de cela pour le bien du pays. Il ne faut pas qu’on laisse les ambitions personnelles pour l’exercice du pouvoir déterminer les décisions que nous devons prendre », a-t-il précisé.

Jean Daniel Sénat
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