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E-Gouvernance : Haïti bientôt dotée d’un data center

jeudi 31 mars 2016 par Sterlin Charles

La modernisation de l’administration publique haïtienne passe aussi par le recours aux nouvelles technologies pour faciliter l’accès des citoyens aux services administratifs de base et alléger les charges de l’administration. De ce fait, Stéphane Vincent, coordonnateur de l’Unité e-gouvernance de la Primature et conseiller du Premier ministre en technologie, annonce que la base de données électroniques de l’État haïtien sera disponible dans les prochains jours.

Si Haïti a déjà réalisé des avancées importantes en matière de vulgarisation de l’informatique et du numérique, il reste que l’administration connaît un retard substantiel. Retard qu’il importe de combler le plus rapidement, pour lui permettre d’une part de bénéficier pleinement des avantages du numérique et d’autre part de remplir son rôle de service public pour le bonheur des Haïtiens.

Dans cette optique, le gouvernement haïtien avait procédé, le 8 novembre 2011, au lancement de la plateforme intégrée du gouvernement avec le support financier de la Banque interaméricaine de développement (BID) jusqu’ici à hauteur de 3 500 000 dollars américains, lesquels ont été dépensés de 2011 à nos jours. Selon Stéphane Vincent, ce projet visait à améliorer la maturité numérique d’Haïti à moyen et à long terme. Au nombre de ces actions, figure en bonne place le projet de gouvernance électronique (E-Gouv) qui a pour objets principaux, entre autres, d’accroître l’efficacité de l’administration publique haïtienne et améliorer sa relation avec les usagers des services publics.

L’e-gouvernement étant compris comme un ensemble d’outils TIC au service des besoins de l’administration publique, en vue d’assurer un meilleur service à la population.

À ce niveau, suite à l’arrêté pris en juillet 2014 par l’ex-Premier ministre Laurent Salvador Lamothe, un comité « e-gouvernement » a été mis en place en vue d’élaborer un plan d’actions pour le développement de l’administration électronique et d’assurer le suivi des réalisations accomplies, dans le cadre global du Comité interministériel sur la technologie de l’information (CITI) composé des ministères des Travaux publics, du Commerce, de la Communication, de l’Éducation, de la Justice, de l’Intérieur, de l’Économie et des Finances.

En termes de services à la population, l’e-gouvernement montrera ses avantages dans la vie quotidienne des citoyens haïtiens. L’administration en ligne permettra non seulement d’obtenir plus facilement des informations des pouvoirs publics, mais elle facilitera aussi grandement les transactions des administrés en réduisant les délais d’attente. En outre, l’administration en ligne favorisera l’établissement d’une relation directe entre les administrés et les décideurs. L’expert en technologie estime que les avantages potentiels de l’e-gouvernement pour la population haïtienne sont nombreux, comme en économisant temps et argent, ouverture, transparence, fiabilisation, accélération, productivité, la facilité d’utilisation et la commodité de l’accès aux services 24 heures par jour, 7 jours par semaine. Au-delà de ces avantages, l’administration en ligne génère des économies importantes pour les organismes d’État.

M. Vincent a toutefois souligné que beaucoup d’avancées ont été faites sur le plan de l’e-gouvernance […] « Quelques marches restent encore à gravir pour que notre pays tire encore plus de bénéfices du numérique ». « L’une de ces marches, a-t-il explicité, consiste en l’harmonisation des efforts de gouvernance de l’ensemble des ministères et institutions de la République, de façon à mieux les faire converger vers l’objectif commun d’amélioration sensible de la maturité numérique de notre pays. » Il s’agit, « plus prosaïquement, d’harmoniser la démarche des différents pans de l’administration publique haïtienne, d’accélérer la dématérialisation des services fournis et d’accroître l’usage des TIC dans la fonction publique ».

Plus loin, Stéphane Vincent a informé que, depuis le 27 octobre 2015, Haïti figure parmi les 8 pays membres du comité exécutif du réseau régional de gouvernance électronique de l’Amérique latine et de la Caraïbe sur les 21 pays participants. Cette participation d’Haïti a permis au pays d’élever le standard afin d’être au pas avec les TIC.

À en croire ce dernier, il se débat comme un vieux diable dans un bénitier pour qu’après son départ, les parlementaires de la 50e législature puissent voter des cadres légaux pour une utilisation sécuritaire et appropriée des questions liées à la technologie dans toute sa composante, car cela facilitera la signature électronique pour offrir de meilleurs services à la population : le commerce électronique, l’accès à l’information et la transparence au niveau des institutions.

Amos Cincir

mcincir@lenouvelliste.com


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