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L’armée russe dit avoir bombardé des cibles en Syrie grâce à des informations de "l’opposition" syrienne

mardi 3 novembre 2015 par Sterlin Charles

L’armée russe a annoncé mardi avoir pour la première fois bombardé des "cibles terroristes" en Syrie grâce à des informations données par ce qu’elle présente comme "des représentants de l’opposition" syrienne.

"Nous avons créé un groupe de coordination dont la composition (...) ne peut pas être rendue publique", a déclaré le chef des opérations militaires russes en Syrie, le général Andreï Kartapolov, évoquant seulement une "coopération étroite" permettant d’unifier les efforts de l’armée loyale au président Bachar al-Assad et de "forces patriotiques syriennes" ayant été auparavant dans l’opposition.

"Ces forces patriotiques, bien qu’elles aient combattu pendant quatre ans les forces gouvernementales, ont placé l’idée de préserver un Etat souverain et uni au-dessus de leurs ambitions politiques", a-t-il ajouté.

Il n’a pas précisé qui étaient ces "forces patriotiques", l’Armée syrienne libre (ASL) ou tout autre groupe rebelle nationaliste, l’opposition en exil ou celle tolérée par le régime de Damas.

Grâce aux "coordonnées" fournies par les opposants, 12 avions russes ont bombardé 24 cibles dans les régions de Palmyre, Deir Ezzor, Ithriya et à l’est d’Alep, touchant notamment un "centre de commandement" de l’organisation Etat islamique (EI).

"Les coordonnées de ces cibles nous ont toutes été données par des représentants de l’opposition syrienne", a-t-il affirmé.

Au total, selon le haut-gradé russe, l’aviation russe a effectué 1.631 sorties et frappé 2.084 cibles depuis le début de l’intervention militaire de Moscou, le 30 septembre.

Le général Kartapolov a assuré que 52 camps d’entraînement terroristes, 155 dépôts de munitions et 40 ateliers de fabrication de mines ou de missiles ont été détruits, ce qui a contribué à "désorganiser durablement l’organisation et l’approvisionnement des terroristes".

- Au moins 23 morts dans des raids aériens -

Depuis le début de son intervention en Syrie, la Russie dit viser exclusivement l’EI et d’autres groupes "terroristes" à la demande du régime de Damas.

Washington et ses alliés affirment que les raids russes sont destinés à sauver le régime du président Bachar al-Assad et touchent peu l’EI mais surtout d’autres groupes hostiles au régime de Damas.

Au moins 23 personnes -13 combattants de l’EI et dix civils- ont été tuées mardi dans des raids aériens sur la ville de Raqa, capitale de facto de l’organisation extrémiste dans le nord de la Syrie, a déclaré à l’AFP le directeur de l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), Rami Abdel Rahmane.

Également dans le nord de la Syrie, 10 civils ont été tués par des raids aériens sur la ville d’Alep, divisée entre quartiers contrôlés par le gouvernement et secteurs sous contrôle rebelle, selon la même source.

M. Abdel Rahmane n’était pas en mesure d’indiquer si les avions étaient ceux du régime du président Bachar al-Assad ou de la Russie.

"Ce bilan est celui recueilli dans un seul hôpital car il n’est pas possible de parvenir à d’autres hôpitaux vers lesquels l’EI a transporté ses blessés en raison des mesures de sécurité entourant ces établissements", a précisé M. Abdel Rahmane.

Par ailleurs, un haut responsable syrien, Fayçal Moqdad, a déclaré mardi qu’il n’était pas question d’une "période de transition" en Syrie, alors que des pays occidentaux et l’opposition insistent sur une transition sans le président Bachar al-Assad.

L’idée d’une autorité gouvernementale de transition dotée des pleins pouvoirs qui préparerait la tenue d’élections en Syrie a été approuvée par les grandes puissances en juin 2012, lors de la conférence internationale sur la Syrie dite de Genève I.

"Il n’y a pas de période de transition. Il existe (en Syrie) des institutions officielles qui fonctionnent", a déclaré le vice-ministre syrien des Affaires étrangères, cité par l’agence officielle syrienne Sana.

"Nous parlons de dialogue national, d’un gouvernement élargi (à l’opposition), d’un processus constitutionnel et non d’une période de transition", a-t-il insisté au cours d’une visite à Téhéran, allié clé du régime de Bachar al-Assad.

Une conférence rassemblant tous les acteurs du conflit syrien, mais à laquelle n’étaient représentés ni le régime ni l’opposition, s’est tenue vendredi à Vienne. Les pourparlers y ont achoppé sur de nombreux points dont le principal est le sort de M. Assad. Les participants doivent se retrouver à la mi-novembre.


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