MosaikHub Magazine

La commission d’évaluation présente sa méthodologie

lundi 9 mai 2016 par Sterlin Charles

La Commission indépendante d’évaluation et de vérification électorale a rencontré les partis politiques vendredi autour de la méthodologie de travail de la Commission. Cette dernière annonce que son travail de vérification portera sur un échantillon de 15% des procès-verbaux. Une méthodologie que réprouve le parti Pitit Dessalines qui exige une vérification de la totalité des 13 000 procès-verbaux.


C’est la première sortie des membres de la Commission depuis leur installation il y a plus d’une semaine. La Commission a profité de cette session de travail pour présenter aux partis politiques et à la presse la méthodologie qu’elle utilisera dans le cadre de son travail qui consiste à vérifier et évaluer le processus électoral. Action qui doit permettre de rétablir la confiance des acteurs politiques dans le processus électoral en établissant la sincérité des résultats des élections de 2015, tel qu’indiqué dans l’arrêté nommant la Commission.

« Fondamentalement, on ne peut recompter le vote de tous les électeurs à travers le pays, cela prendrait beaucoup trop de temps. Nous allons plutôt utiliser une méthode scientifique d’échantillonnage aléatoire », a déclaré le président de la Commission, François Benoît à l’ouverture de cette réunion de travail tenue à l’hôtel Kinam, Pétion-Ville.

François Benoît affirme que la Commission travaillera sur un échantillon de 15% des procès-verbaux disponibles au Centre de tabulation. « Dans notre rapport, nous indiquerons aux partis politiques, à l’exécutif, au Conseil électoral et à la population ce que nous avons constaté après l’analyse de cet échantillon représentatif du vote de l’ensemble des électeurs », a indiqué plus loin le président de la Commission, qui reconnaît une marge d’erreur de 20%. Dès ce samedi 7 mai, une équipe de 80 opérateurs sera mobilisée au Centre de tabulation pour préparer les opérations.

L’idée de procéder par échantillonnage ne fait pas l’unanimité au sein des partis politiques. Pitit Dessalines est déjà au front pour exiger une nouvelle méthodologie. « Publiquement, je dis que je désapprouve la méthodologie et Pitit Dessalines va rendre une lettre publique pour signifier cette position. Nous exigeons la vérification de tous les procès-verbaux », a déclaré l’ancien candidat Mathias Pierre, qui a représenté le parti de Moïse Jean-Charles à la rencontre de ce vendredi. A la déclaration de Mathias Pierre, l’un des commissaires, Michel Erick Gaillard, a tenu à souligner que le choix de procéder par échantillonnage a été discuté avant même l’adoption des termes de référence de la commission entre l’exécutif et les partis politiques, dont Pitit Dessalines. Monsieur Gaillard a rappelé à cet effet que le parti de Moïse Jean- Charles ne s’était jamais opposé à l’idée au cours des discussions.

Selon l’arrêté nommant la Commission, cette dernière a premièrement pour mandat d’épurer le processus de vote par l’analyse des listes d’émargement, des listes électorales partielles (LEP), des feuilles de comptage, des procès-verbaux de dépouillement, des procès-verbaux de carence, des procès-verbaux d’incidence, des bulletins et des plaintes déjà enregistrées. Deuxièmement, elle doit évaluer toutes les décisions des organes contentieux du CEP ayant fait l’objet de dénonciations, de plaintes régulièrement documentées et proposer, s’il y a lieu, la révision de ces décisions, ce aux fins de droit.

« Après les travaux, nous allons appliquer ces critères de qualité à l’analyse de notre échantillon, et nous allons déclarer ce que nous trouvons comme classement des candidats, a expliqué Gédéon Jean, secrétaire général et porte-parole de la Commission. « Nous ne pouvons pas remanier les résultats de manière officielle, nous n’avons pas cette autorité, mais nous allons dire au CEP et à l’exécutif ce que démontrent les chiffres, a précisé le président de la Commission. Nos recommandations se baseront sur ce que nous aurons à observer ».

Des personnalités politiques et de la société civile, dont la candidate à la présidence du parti Fanmi Lavalas, Maryse Narcisse, les candidats à la présidence Mathias Pierre et Charles Henry Baker ont pris part à la rencontre à laquelle très peu de groupements politiques ont assisté. Les partis politiques des deux candidats arrivés officiellement en tête du premier tour de la présidentielle du 25 octobre ont notamment brillé par leur absence. Après son installation le 28 avril dernier, les conseillers ont rencontré plusieurs acteurs concernés par le processus électoral, dont le nouveau Conseil électoral provisoire, avec lequel ils affirment ne pas être en divergence.

AUTEUR

Louis-Joseph Olivier

ljolivier@lenouvelliste.com


Accueil | Contact | Plan du site | |

Creative Commons License

Kalfoulwa Directory