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Haïti / Élections

La commission de vérification fait peur -

samedi 9 avril 2016 par Sterlin Charles

Les sénateurs de l’opposition ont craché leur colère contre le président provisoire Jocelerme Privert pour avoir fait montre de sa volonté de mettre sur pied la commission d’évaluation des élections d’août et d’octobre 2015. Pour le sénateur Carl Murat Cantave, membre du bloc minoritaire constitué des élus du PHTK et alliés au Sénat, il n’y a aucune provision légale pour la formation de cette commission. Il évoque en ce sens trois documents de référence pour prendre le contrepied d’une telle démarche. « L’accord du 5 février est sans équivoque ni ambivalence, a tempêté l’élu de la KID, parti de l’ex-Premier ministre Évans Paul. Cet accord a exigé l’application des recommandations de la commission du 22 décembre 2015. »

Selon le sénateur de l’Artibonite, cet accord qui a favorisé l’accession à la présidence provisoire de l’actuel pouvoir a mentionné trois types de recommandations, à savoir des recommandations générales, techniques et politiques. « Nulle part, il n’a parlé d’un quelconque approfondissement ni de création d’une commission de vérification électorale », a-t-il poursuivi, précisant que le mot vérification n’apparaît qu’une seule fois dans l’accord. « Il a parlé d’évaluation dans le cas des députés qui avaient porté des plaintes contre l’injustice dont ils auraient été victimes. C’est le dossier de ces derniers que l’accord a demandé d’approfondir. »

Le sénateur Cantave persiste et signe. Il n’est pas question de parler d’une évaluation partielle ou de l’évaluation de tout le processus électoral. « J’ai entendu le président Privert parler de la formation d’une commission d’évaluation, je crois qu’il a perdu la tête. Il est tombé sur la tête », a balancé le tonitruant sénateur de l’Artibonite, sans pitié pour le chef de l’État.

Il assimile la position du président provisoire à une sorte d’agression. « Le président Privert a agressé l’accord à plusieurs reprises. Il doit comprendre que l’accord a été signé par de deux entités : la présidence et le Parlement. S’il doit le remodeler, cela doit se faire de concert avec deux entités », fulmine-t-il.

Yvince Hilaire

yvincehilaire@lenouvelliste.com -


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