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Michel Martelly doit partir le 7 février mais il doit aussi faire partie de la solution, selon Réginald Boulos

vendredi 29 janvier 2016 par Sterlin Charles

Il a fallu que le président de la République ait sollicité du Conseil permanent de l’OEA l’envoi d’une mission en Haïti en vue de résoudre la crise actuelle pour que Réginald Boulos sorte de son silence. L’ex-coordonnateur de la commission consultative en 2014 ne partage pas la vision du chef de l’Etat.

« J’aurais préféré que ce soit les acteurs haïtiens, c’est-à-dire le président de la République, le Parlement, les responsables des partis politiques regroupés au sein du G-8 ainsi que ceux qui sont engagés dans la course, qui s’assoient autour d’une table afin de trouver le plus petit dénominateur commun », a déclaré Réginald Boulos, qui croit que la date du 7 février devrait interpeller tous les Haïtiens et principalement les élites politiques et sociales. Réginald Boulos n’est pas pour autant dupe. « Il y aura des opinions divergentes », reconnait-il avant d’inviter les parties prenantes à accorder la priorité à l’intérêt national. Il est convaincu que s’ils s’assoient autour d’une table, les acteurs parviendront à trouver un "dénominateur commun".« Le premier dénominateur commun est la recherche d’un Premier ministre de consensus », précise Réginald Boulos. Ce qui importe pour le moment, selon l’homme d’affaires, ce n’est pas de "discuter autour du CEP, de la commission, ni du timing des élections mais d’assurer la gouvernance du pays après le 7 février". Il pense qu’une feuille de route allant de 90 à 120 jours peut être adoptée pour le prochain gouvernement par les parties prenantes. Il y a beaucoup de gens qui pensent que Michel Martelly n’a plus de pouvoir de convocation mais, fait remarquer Réginald Boulos, il reste et demeure le président de tous les Haïtiens jusqu’au 7 février. « En tant que président de la République, Michel Martelly a sa responsabilité dans la crise actuelle. En tant que tel, poursuit Réginald Boulos, il a son mot à dire dans la solution de cette crise. » L’homme d’affaires invite le chef de l’Etat à se prononcer sur le 24 janvier qui n’a pas eu lieu. « Il doit également apporter un message de sérénité et créer une ouverture », recommande Réginald Boulos. Le président Martelly, qui doit obligatoirement partir le 7 février, selon lui, n’a pas beaucoup de temps pour offrir au pays une sortie prouvant son niveau de maturité politique. Il appelle le secteur privé des affaires, les parlementaires et les partis politiques à faire preuve de flexibilité. Réginald Boulos, qui parlait en son nom personnel, annonce que le forum économique du secteur privé publiera sous peu une note sur la conjoncture politique avant d’en donner un extrait. « Il reste clair que l’exécutif a aujourd’hui la responsabilité d’assumer l’état actuel de notre société. De ce fait, il lui revient la lourde responsabilité de créer une atmosphère d’ouverture empreinte de calme et de sérénité, de déclarer sans équivoque que le mandat du président de la République prend fin le 7 février, d’inviter immédiatement tous les acteurs suscités à la table de négociations en vue de rechercher une sortie de crise consensuelle et de faire toutes les concessions qui s’imposent pour trouver la solution la plus favorable au pays en protégeant les acquis démocratiques à date et permettant la poursuite du processus électoral pour l’installation dans le meilleur délai d’un président élu démocratiquement. » Réginald Boulos insiste. La résolution de la crise doit passer par un dialogue haïtiano-haïtien. « J’espère qu’ils ne viendront pas s’interférer dans le dialogue interhaïtien », dit-il à propos de la mission de l’Organisation des Etats américains qui peut quand même jouer un rôle d’observateur.
Danio Darius


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